Ce m’est un plaisir que d’occuper cette après-midi brumeuse du premier de l’an à t’envoyer mon meilleur souvenir pour l’année qui commence…
1881-1955Ce m’est un plaisir que d’occuper cette après-midi brumeuse du premier de l’an à t’envoyer mon meilleur souvenir pour l’année qui commence…
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Genèse d’une pensée, lettre du 1er janvier 1917, à Marguerite Teillard-Chambon
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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L’amitié est l’ombre de la soirée, qui augmente avec le crépuscule de la vie.
Amitié : Seul sentiment que l’âge renforce. On peut badiner avec l’amour mais pas avec l’amitié. Car, contrairement au premier, la seconde n’est pas dévastée mais embellit par l’augmentation de l’espérance de vie.
L’amitié, c’est un toit pour t’abriter, c’est un mur pour t’appuyer, c’est un feu pour te réchauffer, c’est un trésor pour t’enrichir.
Insensés avec les fous, justes et sages avec les amis de la sagesse et de l’équité, nous prenons le caractère de ceux qui nous environnent.
L’homme-individu est essentiellement famille, tribu, nation. Tandis que l’humanité, elle, n’a pas encore trouvé autour de soi d’autres Humanités pour se pencher sur elle et lui expliquer où elle va.
Rien, cependant, n’est plus éloigné de l’amitié que le rapport maître-élève. L’ami n’est pas un gourou qui possède la vérité ; sa révélation n’est pas un enseignement. C’est une démarche qui permet de parvenir à la même conclusion en partant de points de vue différents. C’est une convergence dans la vérité.
Ce qui fait que les amants et les maîtresses ne s’ennuient point d’être ensemble, c’est qu’ils parlent toujours d’eux-mêmes.
Nous ne nous ennuyons jamais ensemble… C’est la meilleure façon de s’aimer.
Nous avons donc grandi ensemble comme une double cerise, semblant séparée, mais pourtant une union en cloison, deux jolies baies moulées sur une seule tige.
Le chef-d’œuvre de la femme dans la société : se faire des amis utiles avec d’anciens amants.