Les peuples démocratiques haïssent souvent les dépositaires du pouvoir central ; mais ils aiment toujours ce pouvoir lui-même.
1805-1859Les peuples démocratiques haïssent souvent les dépositaires du pouvoir central ; mais ils aiment toujours ce pouvoir lui-même.
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De la démocratie en Amérique
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C’est la beauté de la démocratie de faire que le pouvoir tienne compte de l’opinion, mais c’est la misère de la démocratie d’être soumise au nombre, la moitié plus un. Or la majorité des gens ne se soucie pas du sort des autres.
Lorsque dans la république, le peuple en corps a la souveraine puissance, c’est une Démocratie. Lorsque la souveraine puissance est entre les mains d’une partie du peuple, cela s’appelle une Aristocratie.
La république est une dépouille ; et sa force n’est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de tous.
Imprudente démocratie qui a donné aux citoyens le pouvoir de voter contre elle sans prévoir que le suffrage universel serait capable de la menacer davantage qu’une hypothétique dictature.
Loger tout le pouvoir dans un seul parti et l’y maintenir, c’est assurer un mauvais gouvernement et la détérioration sûre et graduelle des mœurs publiques.
Le Parti recherche le pouvoir pour le pouvoir, exclusivement pour le pouvoir. Le bien des autres ne l’intéresse pas. Il ne recherche ni la richesse, ni le luxe, ni une longue vie, ni le bonheur. Il ne recherche que le pouvoir. Le pur pouvoir.
Souvent, ceux qui sont au pouvoir se croient invulnérables.
Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime.
On n’ose exercer des droits légitimes contre les puissants pendant qu’on use d’un pouvoir illégitime pour écraser les faibles.
Le pouvoir n’est pas ce que vous possédez mais ce que votre adversaire s’imagine que vous possédez.

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