La république est une dépouille ; et sa force n’est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de tous.
Écrivain, 1689-1755 Image : After Jacques-Antoine Dassier, Domaine public, Wikimedia Commons La république est une dépouille ; et sa force n’est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de tous.
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De l’esprit des lois (1748), Texte entier
… ce qui étoit attention, on l’appelle crainte. C’est la frugalité qui y est l’avarice, & non pas le desir d’avoir. Autrefois le bien des particuliers faisoit le trésor public; mais, pour lors, le trésor public devient le patrimoine des particuliers.La république est une dépouille; & sa force n’est plus que le pouvoir de quelques citoyens & la licence de tous.
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Lorsque dans la république, le peuple en corps a la souveraine puissance, c’est une Démocratie. Lorsque la souveraine puissance est entre les mains d’une partie du peuple, cela s’appelle une Aristocratie.
La démocratie, c’est le gouvernement du peuple exerçant la souveraineté sans entrave.
Une république ne peut réussir tant qu’elle n’est pas constitué d’un groupe d’hommes imprégnés des principes de justice et d’honneur.
La souveraineté du peuple, c’est la nation à l’état abstrait, c’est l’âme du pays ; elle se manifeste sous deux formes : d’une main, elle écrit, c’est la liberté de la presse ; de l’autre, elle vote, c’est le suffrage universel.
Il n’y a que la force de l’État qui fasse la liberté de ses membres.
Chacun est son propre souverain, non de par la loi, mais de par les mœurs. Souveraineté si entière et si mêlée à la vie qu’on ne la sent, pour ainsi dire, plus.
Le gouvernement ne peut dépendre pour sa vie et pour son autorité que du peuple.
Maudire une République qui vous reçoit, qui vous instruit, qui vous assiste et qui vous soigne, ce n’est pas de la légitime défense, c’est le comble de l’ingratitude.
Il ne s’agit pas de refuser l’autorité du pouvoir, nous sommes par bonheur en démocratie, mais d’intervenir au quotidien, au difficile équilibre entre le désordre et les excès de l’ordre.
Loger tout le pouvoir dans un seul parti et l’y maintenir, c’est assurer un mauvais gouvernement et la détérioration sûre et graduelle des mœurs publiques.

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