Je pensais que le cyber-espace ne serait là que dans cinquante ans. Mais ce qui était pour dans cinquante ans était déjà là... Je n’en avais simplement pas conscience.
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- On ne devient un homme et on ne peut percevoir le vrai sens de notre existence que lorsque l’on a pris conscience que l’on n’était pas le centre de l’univers.
- D’où nous venons, où nous allons, cela n’a guère de sens de se le demander car nous sommes l’histoire de l’univers à l’horloge infidèle de notre conscience présente.
- Voilà cinquante ans que je suis femme et je n’ai jamais pu encore savoir au juste ce que j’étais.
- Ça fait 25 ans. Ce serait très naïf et très prétentieux de croire qu’elle n’a que moi dans sa tête depuis 25 ans. Je veux bien admettre que peut-être il y a eu quelque chose de réel, pas réel ou une pensée, du moment que je ne suis au courant de rien, tout va bien.
- Le problème avec moi est, je suppose, la façon dont je m’exprime, il faut être avec moi 50 ans avant de pouvoir comprendre ce dont je parle.
- Je n’avais pas découvert que la ligne de fuite, trompeuse, du futur, devenait, comme dans un spectacle de magie inexplicable, l’étranglant carcan du passé. Que les projets devenaient regrets, les espoirs souvenirs, la vie la mort.
- À 50 ans, on s’autorise à penser qu’on n’a pas une seule vie, mais plusieurs.
- À vingt ans, on danse au centre du monde. À trente, on erre dans le cercle. À cinquante, on marche sur la circonférence, évitant de regarder vers l’extérieur comme vers l’intérieur. Plus tard, c’est sans importance, privilège des enfants et des vieillards, on est invisible.
- Je ne sais à quoi s’occupent les autres. Je pars de la constatation simple que l’époque est un désespoir pour qui ne s’est pas inventé une vie privée en relief.
- La vie commence à cinquante ans, c’est vrai; à ceci près qu’elle se termine à quarante.
- Puis il y eu un blanc, un espace vide, un temps mort de longueur indéterminée pendant lequel il ne se passe rien, pas même l’attente de ce qui viendrait ensuite.
- Alors pourquoi est-ce que je me sens si vide ? Je sais que je vivais dans un monde imaginaire, mais au moins, j’étais quelque part. Aujourd’hui, je ne suis nulle part.
- Hier encore, j’avais vingt ans, je caressais le temps J’ai joué de la vie Comme on joue de l’amour et je vivais la nuit Sans compter sur mes jours qui fuyaient dans le temps.
- Le monde des adultes m’apparaît comme un plancher sur lequel on croit pouvoir marcher, qui se révèle pourri, rongé par les termites du mensonge et du vice.