Originellement nous ne pensons que pour agir. C’est dans le moule de l’action que notre intelligence a été coulée. La spéculation est un luxe, tandis que l’action est une nécessité.
Écrivain, 1859-1941Originellement nous ne pensons que pour agir. C’est dans le moule de l’action que notre intelligence a été coulée. La spéculation est un luxe, tandis que l’action est une nécessité.
Écrivain, 1859-1941Partager sur
Source vérifiée
L’Évolution créatrice (1907), chapitre I
L’erreur du finalisme radical, comme d’ailleurs celle du mécanisme radical, est d’étendre trop loin l’application de certains concepts naturels à notre intelligence.Originellement, nous ne pensons que pour agir. C’est dans le moule de l’action que notre intelligence a été coulée. La spéculation est un luxe, tandis que l’action est une nécessité.Or, pour agir, nous commençons par nous proposer un but; nous faisons un plan, puis nous passons au détail du mécanisme qui le réalisera. Cette dernière opération n’est possible que si nous savons sur quoi nous pouvons compter. Il faut que nous ayons extrait, de la nature, des similitudes qui nous permettent d’anticiper sur l’avenir. Il faut donc que nous ayons fait application, consciemment ou inconsciemment, de la loi de causalité. D’ailleurs, mieux se dessine dans notre esprit l’idée de la …
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L’intelligence doit vivifier l’action ; sans elle, l’action est vaine. Mais sans l’action, comme l’intelligence est stérile !
Mais, c’est un trait caractéristique propre à notre existence avant une décision, que rien ne soit plus irréel que le but vers lequel on tend.
L’instinct dicte le devoir et l’intelligence fournit les prétextes pour l’éluder.
Ne point se laisser entraîner par le tourbillon ; mais, dans toute entreprise, s’appliquer à ce qui est juste ; et, dans toute pensée, conserver avant tout la plénitude de l’intelligence, qui comprend les choses.
Que de bégaiements d’intelligence chez autrui furent à la source même de nos plus vastes idées !
Une idée, pour peu qu’on s’y accroche avec une conviction suffisante, qu’on la caresse et la berce avec soin, finira par produire sa propre réalité.
Il suffit parfois de faire semblant d’avoir du courage pour s’en découvrir vraiment. Dommage ça ne marche pas pour l’intelligence.
Quand il s’agit des actions d’autrui, nous sommes très clair-voyants, l’esprit ne nous manque point pour critiquer, et nous sommes surs à un cheveu près, d’en trouver tous les défauts, et de découvrir les moindres imperfections.
Savoir ne permet pas toujours d’empêcher, mais du moins les choses que nous savons, nous les tenons, sinon entre nos mains, du moins dans notre pensée où nous les disposons à notre gré, ce qui nous donne l’illusion d’une sorte de pouvoir sur elles.
Le courage, c’est-à-dire le doute dans l’ordre théorique et l’action dans l’ordre pratique.

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