Du moment que l’homme cesse de croire qu’un jour viendra ou il se changera en dieu, on peut être certain qu’il est mur pour se changer en asticot.
Romancier, 1891-1980Du moment que l’homme cesse de croire qu’un jour viendra ou il se changera en dieu, on peut être certain qu’il est mur pour se changer en asticot.
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Le Colosse de Maroussi
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Le destin de l’homme est d’épuiser l’idée de Dieu.
Car le propre de la divinité c’est l’entêtement. Si l’homme savait pousser l’obstination à son point extrême, lui aussi serait déjà dieu. Voyez les savants, et les secrets divins qu’ils arrachent de l’air ou du métal, simplement parce qu’ils se butent.
Se passer de Dieu… Je veux dire : se passer de l’idée de Dieu, de la croyance en une Providence attentive, tutélaire et rémunératrice… N’y parvient pas qui veut.
Quand on se voit au bord de l’abîme et qu’il semble que Dieu vous ait abandonné, on n’hésite plus à attendre de lui un miracle.
Dieu nous donne et nous reprend. On ne réalise qu’il nous a donné quelque chose qu’à l’instant où l’on s’aperçoit qu’il peut le reprendre.
Dieu, disait Ménalque, c’est ce qui est devant nous.
Douter de Dieu, c’est y croire.
Dieu a fait un nœud que l’homme cherche à dénouer avec deux mains : la philosophie et la science.
Si l’homme pense Dieu, c’est qu’il se trouve déjà à l’intérieur de la pensée divine, c’est que déjà Dieu se pense en lui.
N’est-ce pas à peu près comme si l’on avait dit à quelque dieu, après la création : « Voilà l’univers fini ; recommence-le ! »

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