On ne méprise pas la science sans mépriser la raison ; on ne méprise pas la raison sans mépriser l’homme ; on ne méprise pas l’homme sans offenser Dieu.
Écrivain, 1844-1924 Image : Nobel Foundation, Domaine public, Wikimedia Commons On ne méprise pas la science sans mépriser la raison ; on ne méprise pas la raison sans mépriser l’homme ; on ne méprise pas l’homme sans offenser Dieu.
Écrivain, 1844-1924 Image : Nobel Foundation, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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L’Orme du mail (1897), chapitre VII
— Non pas, monsieur Bergeret, non pas! Je tiens au contraire, sur l’exemple de saint Thomas d’Aquin et de tous les grands docteurs, que la science et la philosophie doivent être tenues en estime dans les écoles.On ne méprise pas la science sans mépriser la raison; on ne méprise pas la raison sans mépriser l’homme; on ne méprise pas l’homme sans offenser Dieu.Le scepticisme imprudent qui s’en prend à la raison humaine est le premier degré de ce scepticisme criminel qui s’attaque aux mystères divins. J’estime la science comme un bienfait qui nous vient de Dieu. Mais si Dieu nous a donné la science, il ne nous a pas donné sa science. Sa géométrie n’est pas la nôtre. La nôtre spécule sur un plan ou dans l’espace, la sienne s’exerce dans l’infini. Il ne nous a pas trompés: c’est pourquoi j’estime qu’il y a une véritable science humaine. Il ne nous a pas …
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La science, la morale, l’histoire se passent très bien de Dieu. Ce sont les hommes qui ne s’en passent pas.
La science a, comme vertu, non pas de tuer Dieu, mais de décaper son image, de faire en sorte que la partie idolâtre s’amenuise peu à peu.
La science a intérêt à ne pas trop libérer l’esprit des hommes, avant d’avoir apprivoisé leurs instincts.
L’homme n’est pas Dieu. Faisons au moins en sorte, et l’on n’en a jamais fini, qu’il soit a peu près humain.
Et que Dieu aime toute la nature.
Je ne partage pas ce sentiment.
Dieu fit des erreurs et des dégâts énormes.
Les nôtres ne sont rien, en comparaison.
La science chasse l’ignorance ; mais, elle ne chasse pas un esprit mal tourné.
La science a fait de nous des dieux avant même que nous méritions d’être des hommes.
Dieu est à la fois l’objet du regard et le mystère du non-regard. En vérité pourtant, ni le regard de l’homme ne l’atteint, ni son non-regard, ni son agir, ni son cesser d’agir. Dieu est l’Au-delà.
Parce qu’un homme a tort de ne pas croire en Dieu, avons-nous raison de l’injurier ? On n’a recours aux invectives que quand on manque de preuves.
C est en cela seul que consiste le mérite de l’homme juste ; et quoique nous appelions Dieu bon, nous ne l’appelons pas vertueux, parce qu’il n’a pas besoin d’efforts pour bien faire.

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