L’instant de jouir passe et ne revient plus ; celui de mal faire passe et revient sans cesse : on s’oub_ie un moment, et l’on est perdu.
Écrivain · 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour · Domaine public · Wikimedia Commons L’instant de jouir passe et ne revient plus ; celui de mal faire passe et revient sans cesse : on s’oub_ie un moment, et l’on est perdu.
Écrivain · 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour · Domaine public · Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761), Sixième partie
… Mais quand cet état doit durer toujours, qui est-ce qui le supporte? Qui est-ce qui sait triompher de lui-même jusqu’à la mort? O mon ami! si la vie est courte pour le plaisir, qu’elle est longue pour la vertu! Il faut être incessamment sur ses gardes.L’instant de jouir passe et ne revient plus; celui de mal faire passe et revient sans cesse: on s’oub_ie un moment, et l’on est perdu.Est-ce dans cet état effrayant qu’on peut couler des jours tranquilles, et ceux mêmes qu’on a sauvé du péril n’offrent-ils pas une raison de n’y plus exposer les autres?
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
On s’égare un seul moment de la vie, on se détourne d’un seul pas de la droite route ; aussitôt une pente inévitable nous entraîne et nous perd.
Avoir conscience du temps, c’est déjà perdre de précieux dixièmes de seconde.
Il y a des moments où tout s’arrête, où l’on voit sa vie défiler en l’espace d’un quart de seconde. C’est effrayant, c’est déstabilisant, surtout qu’on ne peut pas lutter contre. Il y aura un avant, un après.
Dans un univers où le succès est de gagner du temps, penser n’a qu’un défaut, mais incorrigible : d’en faire perdre.
L’ingratitude est un gain de temps.
L’heure qui vous a donné la vie l’a déjà diminuée.
Pendant que l’on cherche à comprendre, le temps passe et la vie avec lui.
Que vaut le temps, s’il n’en reste plus pour s’émouvoir, s’attendrir, aimer ? Ce n’est pas nous qui décidons de notre temps, mais le temps qui tisse les jours, fait et défait les volontés, les aspirations de l’homme.
Le temps efface le souvenir des malheurs, jamais celui des fautes. La morsure d’un remords se ravive chaque jour plus cruelle dans notre conscience, à mesure que la vie passe.
Tristesse du réveil. Il s’agit de redescendre, de s’humilier. L’homme retrouve sa défaite : le quotidien.

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