On a l’air par moments de se pencher et de s’embrasser ; il y en a un de tombé dans un cahot.
Écrivain · 1810-1857 Image : Charles Landelle · Domaine public · Wikimedia Commons On a l’air par moments de se pencher et de s’embrasser ; il y en a un de tombé dans un cahot.
Écrivain · 1810-1857 Image : Charles Landelle · Domaine public · Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
La Confession d’un enfant du siècle (1836), Deuxième partie
… On les caresse, on les insulte; on ne sait ni leur nom, ni qui elles sont. Tout cela flotte et se balance sous la résine brûlante, dans une ivresse qui ne pense à rien, et sur laquelle, dit-on, veille un dieu.On a l’air par moments de se pencher et de s’embrasser; il y en a un de tombé dans un cahot; qu’importe? on vient de là, on va là, et les chevaux galopent.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Le cœur d’un libertin est fait comme une auberge, on y trouve à toute heure un grand feu bien nourri.
Il y a des justes et des sages, et leurs œuvres sont dans la main de Dieu ; néanmoins l’homme ne sait s’il est digne d’amour ou de haine.
Les mots sont faits pour ce qu’on trouve aimable, Les regards seuls pour ce qu’on voit charmant ; Et je n’eus pas l’esprit en ce moment Dans son assiette.
L’amour est un péché, le bonheur est un crime, Et l’œuvre des sept jours n’est que tentation. Je ne garde plus rien de la nature humaine.
L’amour, c’est la foi, c’est la religion du bonheur terrestre ; c’est un triangle lumineux placé à la voûte de ce temple qu’on appelle le monde.
Il faut, dans ce bas monde, aimer beaucoup de choses, Pour savoir, après tout, ce qu’on aime le mieux : Les bonbons, l’Océan, le jeu, l’azur des cieux, Les femmes, les chevaux, les lauriers et les roses.
On garde le parfum en effeuillant la rose ; Il n’est si triste amour qui n’ait son souvenir.
Bientôt naît une joie étrange ; on sent qu’on a frappé un écho.
Le soleil commence à paraître Tout doucement. C’est une belle perspective, De grand matin, Que des gens qui font la lessive Dans le lointain.
C’est là qu’à chaque pas l’homme la voit venir, Ou, s’il l’a dans le cœur, qu’il l’y sent tressaillir.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.