Nous sommes issus d’une science-fiction, celle de l’amour de nos parents, leur jeunesse et leur insouciance.
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Nous sommes pour toujours les enfants de nos parents, des mondes qu’ils ont construits et des univers détruits qu’ils ont pleurés, des deuils qu’ils ont eu à faire et des espoirs qu’ils ont placés dans les noms qu’ils nous ont donnés.
J’ai longtemps été accro à la science-fiction.
Nous sommes tous, dans les fictions continues de nos vies, dans nos mensonges, dans nos accommodements avec la réalité, dans notre désir de possession, de domination, de maîtrise de l’autre, nous sommes tous des romanciers en puissance. Nous inventons tous notre vie.
La vérité est une science enfantine.
Et si nous faisions confiance à la fiction ? Depuis le fond des âges, dans toutes les cultures, nous déployons une énergie sans limites pour nous raconter des histoires – à cette étrange manie, il doit bien y avoir une raison !
Quand la réalité est déplaisante, la fiction demeure le recours idéal. La réalité, de toute façon, n’est jamais venue d’elle même : elle se crée, comme mon père façonne ses bustes. La joie est une fiction à laquelle on finit toujours par croire.
Les enfants s’aiment comme des amants, nous ignorons leurs petits drames dans le courant de notre vie d’adulte.
Les parents sont le roc sur lequel on construit sa vie. C’est vraiment un choc de se rendre compte que ce roc n’est qu’une illusion.
La famille est le refuge, la perpétuation et la consécration de cette conscience crépusculaire de l’enfance.
Nous sommes le produit de notre désir et le fruit de celui de nos parents.

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