Il nous fallut bien du talent Pour être vieux sans être adultes.
Écrivain, 1929-1978Il nous fallut bien du talent Pour être vieux sans être adultes.
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Jacques Brel
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On ne vieillit que quand on le veut bien. Ce sont les enfants qui ont inventé la vieillesse pour mettre leurs parents sous la remise.
Le drame de la vieillesse n’est pas qu’on est vieux, mais bien qu’on fût jeune.
On n’est pas vieux tant que l’on cherche.
La jeunesse a le grand tort de se croire indispensable : d’ailleurs, sans les personnes âgées, il n’y aurait pas de jeunes !
Il y a toujours quelque chose en nous que l’âge ne mûrit point.
On peut avancer longtemps dans la vie sans y vieillir.
Allons ! Encore quelques siècles, et on nous appellera le moyen âge. Il faut avouer que nous ne l’aurons pas volé.
Le nombre est petit de ceux d’entre nous qui savent vieillir, et pourtant le passage est autrement difficile de l’enfance à l’âge mûr. Nul homme ne peut se flatter de l’avoir franchi impunément, sinon peut-être les saints et les génies. Oh ! Sans doute, il y a ce « mûrissement » des dons naturels de l’enfance, cet approfondissement des expériences de l’enfance, mais pour mûrir les dons de l’enfance, ou en approfondir les expériences, il faudrait d’abord apprécier la valeur des unes et des autres, il faudrait juger l’âge mûr par rapport à l’enfance, et non pas l’enfance par rapport à l’âge mûr.
Il y a une dignité à vieillir comme on a vécu.
La vieillesse apporte une lucidité dont la jeunesse est bien incapable et une sérénité bien préférable à la passion.

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