Faire consister la force du mariage dans celle de l’amour, c’est aller jusqu’à méconnaître l’esprit de cette institution.
Écrivain, 1770-1846Faire consister la force du mariage dans celle de l’amour, c’est aller jusqu’à méconnaître l’esprit de cette institution.
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De l'amour, selon les lois premières et selon les convenances des sociétés modernes
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Le mariage est le tombeau de la confiance et de l’amour.
L’estime d’un époux doit être de l’amour.
Dans le mariage, on fait l’amour par besoin, par devoir. Dans l’amour, on fait l’amour par amour.
L’amour est gâché non seulement par le mariage, mais par la seule possibilité du mariage. Le spectre du mariage, agitant ses chaînes – les chaînes du mariage, il va sans dire ! – empoisonne tout amour avec une jeune fille.
L’amour s’éteint par le bien qu’il souhaite,
L’amant alors se comporte en époux.
Ne saurait-on établir le contraire
Et renverser cette maudite loi ?
Le mariage vient de l’amour comme le vinaigre du vin.
L’amour ne laisse pas de pâtir des lâchetés qu’il suggère. Sa seule chance de persister dans le mariage est que l’on soit l’un envers l’autre comme si on ne s’aimait pas.
Hélas ! Il faut avoir expérimenté la vie pour savoir que le mariage exclut la passion, que la famille ne saurait avoir les orages de l’amour pour base.
Le mariage peut accepter et même parfois s’enrichir de ce qui, pour l’amour, est une souffrance qu’il tolère mal.
C’est la raison qui engendre l’amour-propre, et c’est la réflexion qui le fortifie ; c’est elle qui replie l’homme sur lui-même.

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