C’était un vrai cliché, mais j’avais beaucoup lu Pascal dans mon adolescence, à cet âge où l’on n’oublie à peu près rien et où l’on croit à peu près tout, bon ou mauvais, de ce qui vous tombe sous la main.
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- J’avais répondu autrefois à Saint-Exupéry, qui me demandait ce que je pensais du courage, qu’il me semblait une conséquence curieuse et banale du sentiment d’invulnérabilité. Ce que Saint-Ex avait approuvé, non sans étonnement.
- Dans ce livre où il n’y a pas un seul fait qui ne soit fictif, où il n’y a pas un seul personnage «à clef», où tout a été inventé par moi selon les besoins de ma démonstration...
- L’histoire ne s’intéresse qu’aux faits, les émotions, elles, restent toujours en marge. Ce n’est pas l’usage de les laisser entrer dans l’histoire. Moi, je regarde le monde avec les yeux d’une littéraire et non d’une historienne. Je suis étonnée par l’être humain...
- Occupez-vous des petites choses et les grandes se feront d’elles-mêmes. Tout le monde entend dire cela quand il est enfant. Peu de gens mettent cet adage en pratique.
- La plupart des pensées de Pascal (sur les lois, les usages, les couleurs) ne sont que les pensées de Montaigne qu’il a refaites.
- Maintenant, je comprends que l’une des grandes raisons d’aller au collège et de s’instruire, c’est d’apprendre que les choses auxquelles on a cru toute sa vie ne sont pas vraies, et que rien n’est ce qu’il paraît être.
- Si quelqu’un avait fait un catalogue exact de toutes les opinions qu’il a eues depuis son enfance jusqu’à sa vieillesse, sur l’Amour, la Politique, la Religion et le Savoir, quel affreux chaos de contradictions n’y trouverait-il pas ?
- J’ai étudié la philosophie, - La jurisprudence et la medecine, - Et même, hélas ! La théologie - Laborieusement d’un bout à l’autre. - Et voici que, pauvre fou, avec toute ma science, - Je ne suis pas plus sage qu’auparavant.
- Quand on vieillit, toutes les choses que l’on a pas vues dans sa jeunesse, on n’y croit pas. Les autres, on les comprend moins. Il ne reste que ce qui est vrai.
- Vivre, c’est transformer en présence familière ce qui semblait inaccessible, en connaissance ce qui était non seulement inconnu mais insoupçonné, en compréhension ce qui était incompréhensible, en souvenir ce dont nous ne connaissions même pas l’existence.
- Je gage qu’avant vingt ans, les mots : contre nature, antiphysique, etc., ne pourront plus se faire prendre au sérieux. Je n’admets qu’une chose au monde pour ne pas être naturelle : c’est l’oeuvre d’art.
- Je n’ai jamais jugé d’une chose exactement de même, je ne puis juger d’un ouvrage en le faisant. Il faut que je fasse comme les peintres et que je m’en éloigne, mais non pas trop. De combien donc ? Devinez...
- C’est l’usage du concept qui nous rend maîtres de nos frayeurs. Nous disons : la Mort - et cette abstraction nous dispense d’en ressentir l’infini et l’horreur.
- C’est ainsi que l’on devient un homme, un conquérant, un Attila en herbe : en reniant son passé, en écrasant autrui; surtout s’il est petit; surtout s’il nous renvoie l’image de ce que l’on fut naguère.
- Il n’y avait rien à comprendre. Certains faits sont incompréhensibles et aussi durs qu’une pierre tombale et le concept d’éternité. Il faut se contenter d’en prendre acte.