Je me dis que peut-être, quelque part, dans un lieu lointain que je ne connais pas du tout, tout est déjà perdu d’avance, depuis longtemps.
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- Le temps pèse sur toi comme un vieux rêve au sens multiple. Tu continues à avancer pour traverser ce temps. Mais tu auras beau aller jusqu’au bord du monde, tu ne lui échapperas pas.
- Alors pourquoi est-ce que je me sens si vide ? Je sais que je vivais dans un monde imaginaire, mais au moins, j’étais quelque part. Aujourd’hui, je ne suis nulle part.
- Le passé, même lointain, est toujours tapi quelque part, prêt à bondir.
- Suffisamment impliquée pour faire exister la relation mais suffisamment à l’écart pour y voir quelque chose. Peut-être que les gens s’en rendent compte, s’aperçoivent que je garde toujours mes distances, même inconsciemment.
- C’est n’être nulle part que d’être partout. Ceux dont la vie se passe à voyager finissent par avoir des milliers d’hôtes et pas un ami.
- Quand vous passez l’essentiel de la journée à divaguer dans un monde imaginaire, il n’est parfois pas évident de faire le chemin dans l’autre sens. Et vous êtes saisi de vertige lorsque les frontières s’estompent.
- Il y a des heures normales et d’autres bizarres où le temps paraît figer et glisser, où la vie - la vraie vie - semble être à la fois proche et très lointaine.
- Ce qui me surprend toujours, c’est qu’on puisse croire avoir épuisé un paysage, compris un être, achevé une recherche quelle qu’elle soit.
- Ce qu’il peut être enivrant de se sentir étranger au monde ! On a toujours l’impression d’être en voyage.
- Fuguer tôt est banal. Se quitter à la fin de l’adolescence avec la certitude que l’on ne renouera pas avec son histoire personnelle, que l’on part très loin pour ne plus revenir, que l’on se soustrait au monde réel, est beaucoup moins fréquent.
- Partir ne mène nulle part, j’ai mis longtemps à le comprendre; mais pour cela sans doute était-il nécessaire d’avoir fait tout le chemin.
- Ci-gît Paul Léautaud - Plus connu : Maurice Boissard. - Quand on l’enterra : - «C’est bien tôt ! » - Dirent quelques-uns, mais à part - Beaucoup pensèrent : - «C’est bien tard. ».
- Aussi étrange que cela puisse paraître, plus on connaît quelqu’un, plus ses contours deviennent flous, comme si le temps passé ensemble effaçait ce qui le distingue de vous.
- Seule la direction a un sens. Ce qui importe, c’est d’aller vers et non d’être arrivé, car jamais l’on n’arrive nulle part, sauf dans la mort.
- Nous passons tous un grand moment de notre vie sous l’eau, comme un iceberg. La plupart de nos pensées et de nos désirs ne sont pas exprimés. Nous vivons tous en permanence dans les conditions du secret.