La différence entre les hommes et nous, Suzanne, c’est qu’ils se moquent du bonheur. Il n’y a que leur précieuse virilité qui compte.
Écrivaine, 1925-2024La différence entre les hommes et nous, Suzanne, c’est qu’ils se moquent du bonheur. Il n’y a que leur précieuse virilité qui compte.
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Suzanne et la province
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S’il n’y avait de bonheur qu’éternel, les hommes n’en goûteraient pas.
Mais qu’est-ce que le bonheur sinon la simple harmonie entre un homme et la vie qu’il mène ?
Si les hommes veulent être heureux, qu’ils se chargent eux-mêmes de leur bonheur !
Si l’on trouve du plaisir au bonheur d’autrui, c’est avant tout parce que l’autre est nécessaire à son propre bonheur.
L’homme jouit du bonheur qu’il ressent, et la femme de celui qu’elle procure. […] Le plaisir de l’un est de satisfaire ses désirs ; celui de l’autre est surtout de les faire naître.
Le vrai contentement n’est ni gai, ni folâtre ; jaloux d’un sentiment si doux, en le goûtant on y pense, on le savoure, on craint de l’évaporer.
Il ne suffit pas à l’homme d’être heureux, il faut aussi que les autres ne le soient pas.
Se réjouir du bonheur des autres est une bonne chose ; cela montre que nous avons compris deux phénomènes importants. Le premier est que l’envie et la jalousie sont des souffrances inutiles. Le second est que le bonheur des autres est toujours une bonne nouvelle pour nous ; il ne nous retire rien et embellit le monde.
La plus grande joie d’une femme, dont elle peut tirer les conséquences sensuelles les plus profondes, c’est la certitude que lui donne un homme de sa virilité morale.
Il paraît qu’on n’a pas toujours, ici-bas, le bonheur qu’on mérite, mais celui qui nous ressemble.

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