Il n’y a de défaites que celles que l’on a tout seul, devant sa glace, dans sa conscience.
Écrivain, 1821-1880 Image : Nadar, Domaine public, Wikimedia Commons Il n’y a de défaites que celles que l’on a tout seul, devant sa glace, dans sa conscience.
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Correspondance de Gustave Flaubert (1853), lettre 385 à Louise Colet
Qu’est-ce que ça fout, tout cela?Il n’y a de défaites que celles que l’on a tout seul devant sa glace, dans sa conscience.J’aurais eu mardi et mercredi cent mille sifflets aux oreilles que je n’aurais pas été plus abattu. Il ne faut penser qu’aux triomphes que l’on se décerne, être soi-même son public, son critique, sa propre récompense.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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On ne parvient à la sérénité que lorsqu’on a banni l’espoir de sa vie.
N’est-il pas consolant – voire, profondément satisfaisant – de pouvoir se dire, en repensant à sa propre vie, que si l’on a échoué, c’est uniquement là où les autres n’ont pas eu le courage ou la volonté de tenter ?
La défaite commence à partir du moment où l’adversaire parvient à vous faire douter de vous-même jusqu’à ce que vous vous sentiez coupable et soyez prêt à agir selon sa volonté, à vous plier à ses exigences.
La défaite est tellement plus intelligente. On pourrait passer sa vie à la méditer. D’ailleurs que fait-on d’autre ? C’est auprès d’elle que l’on puise ses vraies ressources, que l’on sublime ses revanches.
Il y a des problèmes aux confins du courage et du désespoir, que la raison ne peut affronter sans y risquer son existence.
C’est la seule tiédeur de notre volonté qui fait toute notre faiblesse.
L’homme qui sait n’éprouve pas de joie égale à celle qu’on trouve dans l’ombre, de frisson aussi puissant que celui que le danger glace et pour lui, aucune souffrance n’est plus sacrée que celle qui par pudeur n’ose pas se manifester.
On ne vit point assez pour profiter de ses fautes ; on en commet pendant tout le cours de sa vie, et tout ce que l’on peut faire. À force de faillir, c’est de mourir corrigé…
Qui veut accomplir une œuvre de paix et n’accomplit pas une œuvre de justice et de liberté doit craindre l’illusion de mettre dans ses sillons des braises ardentes à la place de graines.
Le lot de celui qui s’est trop révolté est de n’avoir plus d’énergie que pour la déception.

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