Si on croit aimer sa maîtresse pour l’amour d’elle, on est bien trompé.
Écrivain, 1613-1680 Image : Théodore Chassériau, Domaine public, Wikimedia Commons Si on croit aimer sa maîtresse pour l’amour d’elle, on est bien trompé.
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Réflexions ou sentences et maximes morales (1678), maxime 374
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Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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On ne respecte pas une femme qu’on aime, on l’aime.
O éternel malheur de l’amour ! Ne pouvoir être aimé de la femme qu’on aime !
Plus tourmentée encore que nous par cet éternel besoin d’amour qui ronge notre cœur solitaire, la femme est le grand mensonge du Rêve.
Celui qu’on aime a tout droit contre vous, même de ne plus vous aimer.
J’ai peur de celle-là qui n’a jamais menti. Elle peut être indifférente, étant fidèle… L’amour est trop souvent par la vertu trahi Et la femme qui ment est toujours la plus belle.
Mais prenez garde que l’amour-propre ne vous trompe, car quelquefois il contrefait si bien l’amour de Dieu qu’on dirait que c’est lui…
Il peut quelquefois suffire pour que nous aimions une femme qu’elle nous regarde avec mépris…
N’importe quelle femme peut tromper un homme ; si elle le souhaite et s’il n’est pas amoureux d’elle.
Il est bon, madame, de ne pas laisser un amant seul maître du terrain, de peur que, faute de rivaux, son amour ne s’endorme sur trop de confiance.
Un amour sans discernement est, chez un mari, une faute qui peut préparer tous les crimes d’une femme !

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