Croire en Dieu, c’est vivre par quelque chose qui n’existe d’aucune manière dans le monde, sinon dans le langage ambigu de ces phénomènes que nous appelons chiffres ou symboles de la transcendance.
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- Un Dieu prouvé n’est pas un Dieu; il ne serait qu’une chose dans le monde.
- Je ne me sens vivre qu’à partir de l’instant où je sens mon inexistence. J’ai besoin de croire à mon inexistence pour continuer à vivre.
- Qui affronte un système doit croire en un autre système. Qui affronte Dieu n’a pas besoin de croire, seulement de vivre sous son regard : c’est amplement suffisant comme foi.
- Même si l’on ne croit pas en Dieu, on doit tout de même croire en quelque chose qui donne du sens à la vie, et façonne notre vision du monde. Et une telle croyance est éminemment religieuse.
- On peut vénérer Dieu profondément et ne pas croire à son existence.
- A force de sonder la vie des choses et la nature de leur relativité, tu arriveras à l’insoluble; à force de contester la vie des choses et leur relativité, tu arriveras au néant; en sanctifiant les choses, tu rencontreras le Dieu vivant.
- La nature humaine, inconsciemment, prolonge dans tous les pays du monde la croyance de la vie d’après. Je ne dis pas qu’il y en a une, je ne dis pas qu’il n’y en a pas, je dis qu’on ne sait pas. De même que personne ne peut me démontrer que Dieu existe, il n’y a personne pour démontrer qu’Il n’existe pas. C’est ce qui est intéressant en fait, parce que c’est aussi l’extraordinaire limite psychologique qui est la nôtre. C’est encore notre limite émotionnelle. C’est peut-être surtout notre limite émotionnelle qui en dit long sur la façon que nous avons d’appréhender la vie.
- Je ne crois pas au paradis et à l’enfer. Je ne sais pas si je crois en Dieu. Tout ce que je sais, c’est qu’en tant qu’individu, je ne laisserai pas cette vie être gaspillée.
- Dieu n’est pas l’éternité, il n’est pas l’infini, mais il est éternel et infini. Il n’est ni la durée ni l’espace, mais il a existé de tout temps, et sa présence est partout.
- En quoi puis-je croire ? Ai-je raison de vivre ? Ma vie a-t-elle le moindre sens, la plus petite signification ? Suis-je un rouage indispensable de l’univers ?
- La pensée ne peut pas sortir de l’existence; le passage à l’existence est quelque chose de radicalement impensable, quelque chose qui n’a même aucun sens, ce que nous appelons ainsi est une certaine transformation intra-existentielle.
- Etre fataliste, ce n’est pas tellement croire en Dieu. C’est bien plutôt une sorte de lassitude, une forme du dilettantisme et un manque presque total de volonté.
- Je peux vivre sans Dieu. Je peux même vivre avec l’idée qu’il n’y a rien après la vie. Mais je ne crois pas que je pourrais continuer, sans être soutenu par l’idée du bien.
- Les dieux au pluriel, les puissances mythiques de tous genres, sont des objets du monde environnant : ils ont la même réalité que l’animal ou l’homme. Dans la notion de Dieu le singulier est essentiel.
- L’éternité vient dans le temps, l’immensité dans la mesure, le Créateur dans la créature, dieu dans l’homme, la vie dans la mort...