Dans le brûlant désert de ses désirs infinis et sans objet, la jeunesse n’envoie-t-elle pas toutes ses forces sur la première femme qui s’y présente ?
Romancier, 1799-1850 Image : Louis-Auguste Bisson, Domaine public, Wikimedia Commons Dans le brûlant désert de ses désirs infinis et sans objet, la jeunesse n’envoie-t-elle pas toutes ses forces sur la première femme qui s’y présente ?
Romancier, 1799-1850 Image : Louis-Auguste Bisson, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Béatrix (1839), Première partie
Le texte original diffère de quelques mots.
… Ce nom brillait à ses yeux comme un talisman, il y sentait je ne sais quoi de fatal; il savait, sans en pouvoir douter, qu’il aimerait cette femme; les plus petites choses qui la concernaient l’occupaient déjà, l’intéressaient et piquaient sa curiosité. Pourquoi?Dans le brûlant désert de ses désirs infinis et sans objet, la jeunesse n’envoie-t-elle pas toutes ses forces sur la première femme qui s’y présente?Béatrix avait hérité de l’amour que dédaignait Camille. …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Le temps de la prime jeunesse, un âge rêveur, exalté, durant lequel on poétise la femme, on divinise sa chair inaccessible, on vit dans une attente farouche du miracle amoureux.
L’adolescente nubile ne devient matrone que si on lui fait violence. Elle accède à sa vie de femme par une violence brutale. Jeune vierge hier, femme-amphore le lendemain, s’opposant à la minceur de l’éphèbe.
Entraînée vers lui par son cœur qui était vierge, et par son âme qui était vide, la chair conquise par la lente domination des caresses, elle s’attacha peu à peu comme s’attachent les femmes tendres, qui aiment pour la première fois.
Elle se répétait : « J’ai un amant ! un amant ! », se délectant à cette idée comme à celle d’une autre puberté qui lui serait survenue. Elle allait donc posséder enfin ces joies de l’amour, cette fièvre du bonheur dont elle avait désespéré.
Comme elle avait dû souffrir, la pauvre, de mon innocent bavardage, tandis qu’étendue sur le gril brûlant de l’impatience elle attendait, l’âme tremblante, un premier geste de tendresse, ou tout au moins que je m’aperçoive de sa passion !
Une femme au cœur pâle Met la nuit dans ses habits. L’amour a découvert la nuit Sur ses seins impalpables.
Être jeune, c’est être spontané, rester proche des sources de la vie, pouvoir se dresser et secouer les chaînes d’une civilisation périmée, oser ce que d’autres n’ont pas le courage d’entreprendre, en somme, se replonger dans l’élémentaire.
Femmes fragiles et vaporeuses, fées aux mains douces, petits souffles de la maison qui font naître silencieusement l’ordre et la beauté, femmes sans voix, soumises, j’ai beau chercher, je n’en vois pas beaucoup dans le paysage de mon enfance.
Une femme laide qui devient amoureuse est une pompe à incendie qui prend feu.
Un premier amour a tout pouvoir sur le cœur de la jeunesse.

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