Aucun de nous ne peut se sauver seul ; il faut que nous nous perdions ensemble ou que nous nous tirions d’affaire ensemble.
Écrivain, 1905-1980 Image : User:T1980, CC BY 3.0, Wikimedia Commons Aucun de nous ne peut se sauver seul ; il faut que nous nous perdions ensemble ou que nous nous tirions d’affaire ensemble.
Écrivain, 1905-1980 Image : User:T1980, CC BY 3.0, Wikimedia Commons Partager sur
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Huis clos ; suivi de, Les mouches
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Homme et femme, aucun d’eux ne peut vivre sans l’aide indispensable de l’autre.
La solidarité n’existe pas : n’existe qu’une coalition d’égoïsmes. Chacun reste avec les autres pour se sauver soi-même.
Si nous disions constamment ce qui nous passe par la tête, aucun couple, aucun groupe ne pourrait continuer à vivre ensemble. La brutalité serait quotidienne.
Je guette ton souffle, ma main t’effleure. Nous aimerions chacun ne pas avoir à survivre à la mort de l’autre. Nous nous sommes souvent dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble.
Pour être capable de faire le don de soi, il faut avoir pris possession de soi dans cette solitude douloureuse hors de laquelle rien n’est à nous et nous n’avons rien à donner.
On n’existe pas seul, on n’est pas seul à être soi, on est fait d’un tas d’autres. Leur perte déplace notre centre de gravité.
Etre ensemble, c’est, pour nous, être à la fois libres comme dans la solitude, joyeux comme en société.
On est seul dans la mort.
Les femmes, les hommes, nous n’avons à peu près rien en commun, sauf cette attirance essentielle et la volonté de nous rejoindre coûte que coûte pour mieux nous déchirer.
Nous avons toujours assez de force pour supporter nos propres maux.

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