J’ai appris à aimer certains hommes par le mal que j’en avais entendu dire par d’autres hommes que je n’aimais pas.
Dramaturge, 1885-1957 Image : Studio Harcourt, Domaine public, Wikimedia Commons J’ai appris à aimer certains hommes par le mal que j’en avais entendu dire par d’autres hommes que je n’aimais pas.
Dramaturge, 1885-1957 Image : Studio Harcourt, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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un demi-siècle d'amour, de théâtre et d'esprit
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Les hommes, déformés par les abstractions, disposent de plus de moyens pour se haïr que pour s’aimer.
Les hommes se lassent d’aimer, mais ne se lassent pas de se haïr.
J’avais lu quelque part que les hommes s’attachent davantage à vous lorsqu’ils ne sont plus tellement sûrs que vous leur appartenez sans réserve.
Je sens mon cœur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j’ai vus ; j’ose croire n’être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins suis-je autre…
La plus grande faiblesse de la plupart des hommes est leur réticence à dire aux autres combien ils les aiment pendant qu’ils sont en vie.
Alors je compris par expérience ce que j’avais souvent ouï dire à Mentor, que les hommes mous et abandonnés aux plaisirs manquent de courage dans les dangers.
Ma vie avait fait fausse route et mon contact avec les hommes n’était plus qu’un monologue intérieur. J’étais descendu si bas que si j’avais eu à choisir entre tomber amoureux d’une femme et lire un bon livre sur l’amour j’aurais choisi le livre.
J’aime trop les gens pour ne pas répugner moi même à leur faire du mal ; et les juger, c’est déjà leur faire mal. Aimer, ce n’est pas seulement « aimer bien » ; c’est surtout comprendre.
Je m’accuse parfois d’être incapable d’aimer. Peut-être est-ce vrai mais j’ai été capable d’élire quelques êtres et de leur garder, fidèlement, le meilleur de moi, quoi qu’ils fassent.
Mon crime fut d’aimer ; le vôtre est de haïr. Dieu créa les mortels pour s’aimer, pour s’unir.

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