Aimer c’est, finalement, faire don de nos préférences à ceux que nous préférons.
RomancierAimer c’est, finalement, faire don de nos préférences à ceux que nous préférons.
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Source secondaire
Comme un roman (1992), p. 86
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La préférence qu’on accorde, on veut l’obtenir ; l’amour doit être réciproque.
Aimer, ma fille, c’est pas tant d’attendre quoi que ce soit de l’autre que de consentir à lui donner ce qu’on a de meilleur.
Aimer, c’est donner à autrui, par une sorte de pouvoir créateur, une existence supérieure ; être aimé, c’est la recevoir.
Aimer un être, c’est lui accorder une préférence, lui reconnaître une primauté, donc un pouvoir. Etre aimé, c’est se voir reconnaître cette prépondérance. Nos rapports amoureux sont des rapports de puissance à puissance.
On aime ce qui est aimé par ceux qu’on aime.
On en vient à aimer son désir et non plus l’objet de ce désir.
Tout ce qu’on pourrait conseiller, si les conseils avaient ici un sens, c’est d’aimer de préférence qui on aimera toujours lorsqu’on ne l’aimera plus. L’amour crée la tendresse, qui survit à l’amour.
Aimer, c’est accepter que l’autre change, sans cesser de l’aimer pour ça.
Aimer : concentrer sur un seul être le besoin qu’on a des autres ; lui demander autant de bonheur qu’on voudrait lui en donner ; avoir de lui le besoin que nous voudrions qu’il eût de nous.
On est crédule quand on aime. On ne veut rien apprendre qui dérange l’idée magnifique que l’on se fait de l’autre. De l’autre qu’on repeint toujours en doré… C’est l’amour qui veut ça.

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