J’ai toujours trouvé dans le sexe une grande vertu consolatrice ; et rien n’adoucit plus mes afflictions dans mes disgrâces que de sentir qu’une personne.
Écrivain, 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour, Domaine public, Wikimedia Commons J’ai toujours trouvé dans le sexe une grande vertu consolatrice ; et rien n’adoucit plus mes afflictions dans mes disgrâces que de sentir qu’une personne.
Écrivain, 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Les Confessions (1765), Texte entier
Au milieu de tant d’humiliations j’avais des consolations très-douces dans les nouvelles que je recevais de temps en temps des deux charmantes amies.J’ai toujours trouvé dans le sexe une grande vertu consolatrice; et rien n’adoucit plus mes afflictions dans mes disgrâces que de sentir qu’une personneaimable y prend intérêt. Cette correspondance cessa pourtant bientôt après, et ne fut jamais renouée; mais ce fut ma faute. En changeant de lieu je négligeai de leur donner mon adresse; et, forcé par la nécessité de songer continuellement à moi-même, je les oubliai bientôt entièrement.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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La blessure fondamentale de mon existence réside tout de même dans ce manque d’affection, et je ne puis taire que la distance procède de la maltraitance lorsqu’elle n’est pas naturelle, souple.
Je sens mon cœur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j’ai vus ; j’ose croire n’être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins suis-je autre…
Nous vivons dans un monde de sexualité survoltée : il s’agit de faire comprendre à ceux qui s’aiment vraiment que l’amour, qu’il faut oser appeler physique, n’est pas que physique : il est tendresse.
De même que l’amour nous fait trouver belle la femme aimée, l’angoisse que nous inspire une femme redoutée donne un relief démesurée au moindre défaut de ses traits.
Sans amour, le sexe n’est que la satisfaction d’un besoin naturel primaire, comme uriner ou déféquer.
Le mal dont je souffre est le manque de tendresse Qui serre notre époque au gosier : je suis Malade d’un monde où l’on n’est jamais aimé.
J’ai regardé beaucoup de femmes avec concupiscence. J’ai commis bien des fois l’adultère dans mon cœur… Et Dieu me pardonne.
Je m’accuse parfois d’être incapable d’aimer. Peut-être est-ce vrai mais j’ai été capable d’élire quelques êtres et de leur garder, fidèlement, le meilleur de moi, quoi qu’ils fassent.
Il n’est pas vrai que la souffrance ennoblisse le caractère ; le bonheur le fait parfois, mais la souffrance, pour la plupart, rend les hommes mesquins et vindicatifs.
Autant le dire dès maintenant, dans ma vie, comme dans la vie de la plupart des femmes, le sexe a joué un rôle prépondérant. Mais cette féminité n’a pas toujours été une évidence.

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