Tant qu’il nous est bon de vivre, nous le désirons fortement, et il n’y a que le sentiment des maux extrêmes qui puisse vaincre en nous ce désir.
Écrivain · 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour · Domaine public · Wikimedia Commons Tant qu’il nous est bon de vivre, nous le désirons fortement, et il n’y a que le sentiment des maux extrêmes qui puisse vaincre en nous ce désir.
Écrivain · 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour · Domaine public · Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761), Troisième partie
… pour suivre la route commune, et pour qui le désespoir et les amères douleurs sont le passe-port de la nature: c’est à ceux-là qu’il serait aussi insensé de croire que leur vie est un bien, qu’il l’était au sophiste Posidonius tourmenté de la goutte de nier qu’elle fût un mal.Tant qu’il nous est bon de vivre, nous le désirons fortement, et il n’y a que le sentiment des maux extrêmes qui puisse vaincre en nous ce désir; car nous avons tous reçu de la nature une très grande horreur de la mort, et cette horreur déguise à nos yeux les misères de la condition humaine. On supporte longtemps une vie pénible et douloureuse avant de se résoudre à la quitter; …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Nous passons notre vie à désirer, à désirer surtout ce qui nous fuit et qui ne nous paraît désirable que pour cette seule raison.
Le désir a pour but la satisfaction. Si nous voulons toujours plus, ce but n’est jamais atteint, et au lieu du bonheur nous trouvons la souffrance.
Etre en vie, c’est avoir envie.
Le désir veut conquérir et l’amour veut retenir. Le désir, c’est avoir quelque chose à gagner, et l’amour quelque chose à perdre.
Nous ne le savons déjà que trop par nous-mêmes, cette vie n’est qu’une épreuve passagère malgré cela, nous nous cramponnons à elle, espérant toujours y découvrir le bonheur.
Si nous la trouvons mauvaise et dure, il faut l’aimer cependant, et la réaliser meilleure, non par le désespoir et la violence, mais par le travail.
Qu’il est laid le bonheur qu’on veut, qu’il est beau le malheur qu’on a.
Pour bien vivre, pour vivre libre, capable de joie, de générosité et d’amour, il nous faut d’abord et avant tout vaincre la peur […] les peurs.
La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré et, pour être désespéré, il faut avoir beaucoup vécu et aimer encore le monde.
Pouvoir d’un péril affranchir ce qu’on aime.

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