Il suffit du regard d’un homme pour briser la solitude. Et ce regard viendra. Mais il faut d’abord croire qu’il existe.

Il suffit du regard d’un homme pour briser la solitude. Et ce regard viendra. Mais il faut d’abord croire qu’il existe.

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Le livre de la vie
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Au fond, c’est ça la solitude : s’envelopper dans le cocon de son âme, se faire chrysalide et attendre la métamorphose, car elle arrive toujours.
Pour atteindre sa vérité l’homme ne doit pas tenter de dissiper l’ambiguïté de son être, mais au contraire accepter de la réaliser : il ne se rejoint que dans la mesure où il consent à demeurer à distance de soi-même.
Il y a dans le monde une insondable mélancolie qu’on ne découvre que dans la solitude, à certaines minutes comme celles-là. Les hommes aiment à la tromper, mais elle est au fond de tout, et c’est le regret du paradis que nous avons perdu.
Il est seul maintenant. Parce que c’est ainsi. Parce que c’est cela, être humain. Seul parmi les hommes. Seul parmi des millions. Et qu’il n’y a de compagnonnage possible qu’une fois épousée cette solitude, une fois passé par son crible.
C’est cette horreur de la solitude, le besoin d’oublier son moi dans la chair extérieure, que l’homme appelle noblement besoin d’aimer.
Se tromper et devoir cependant accorder sa confiance à son être intérieur, c’est cela l’homme.
Il faut jouir de soi-même dans la solitude, et, à l’égard de ses amis, ne dévoiler ses pensées qu’à mesure de l’esprit qu’on leur trouve, autrement on court le danger de leur paraître supérieur ; de ce moment, on est perdu.
Il ne manque aux douceurs de la solitude que de pouvoir être endurées.
Chez l’homme, le Beau n’est qu’une flatteuse exception, une chimère à laquelle il s’efforce de croire.
Comme on ne connaît d’abord les hommes que par les paroles, il faut les croire jusqu’à ce que les actions les détruisent.

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