Le seul secret pour se venger des injures est de ne les point mériter et de les mépriser. Elles tournent alors à la honte de celui qui les a proférées.
Écrivain, 1688-1744Le seul secret pour se venger des injures est de ne les point mériter et de les mépriser. Elles tournent alors à la honte de celui qui les a proférées.
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Maximes et reflexions morales
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Peut-être est-ce un juste châtiment, pour ceux qui se sont montrés cruels, de ne prendre conscience de leurs torts que lorsqu’il est impossible de revenir en arrière.
Vous pensiez qu’une cause qui n’est défendue que par la violence, le mensonge et la calomnie fait ainsi l’aveu de sa propre faiblesse, et vous aviez raison — mais vous n’imaginiez pas le pouvoir de la faiblesse, de l’humiliation, du ressentiment et des peurs abjectes.
Le plus grand mal, à part l’injustice, serait que l’auteur de l’injustice ne paie pas la peine de sa faute.
Humilité n’est honte que pour celui qui humilie.
Le regret, ce n’est qu’une forme de civilité qui assure d’être pardonné, mais au moment de l’action, c’est une lâcheté. Et ça ne change rien aux faits.
Se venger d’un faquin, c’est se déshonorer. Mépriser sa lâche insolence, c’est toute la vengeance qu’un noble cœur en doit tirer.
Quand on est témoin de leur mal, on en souffre. Les plus pervers ne sauraient perdre tout à fait ce penchant : souvent il les met en contradiction avec eux-mêmes.
La tendresse, c’est seulement de la cruauté qui se repose.
Une victime, c’est un peu le contraire d’un rebelle. On n’aime pas entendre parler des victimes. Elles sont le miroir d’une mauvaise conscience, leur douleur est gênante, et leur cri insupportable.
J’opte pour l’indécision : d’avoir reçu les clés pour comprendre la honte ne donne pas le pouvoir de l’effacer.

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