La science et la passion de comprendre sont-elles autre chose que l’effet de l’aiguillon du savoir que met en notre âme le mystère de l’Univers ?
Professeur d'université, 1822-1895La science et la passion de comprendre sont-elles autre chose que l’effet de l’aiguillon du savoir que met en notre âme le mystère de l’Univers ?
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Discours de réception à l’Académie française (1882)
Le texte original diffère de quelques mots.
… La métaphysique ne fait que traduire au dedans de nous la notion dominatrice de l’infini. La conception de l’idéal n’est-elle pas encore la faculté, reflet de l’infini, qui, en présence de la beauté, nous porte à imaginer une beauté supérieure?La science et la passion de comprendre sont-elles autre chose que l’effet de l’aiguillon du savoir que met en notre âme le mystère de l’Univers?Où sont les vraies sources de la dignité humaine, de la liberté et de la démocratie moderne, sinon dans la notion de l’infini devant laquelle tous les hommes sont égaux?
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L’art nous fait appréhender le réel à travers une expérience subjective. Avec la science, la connaissance de l’univers évolue d’étape en étape, comme si elle gravissait les degrés d’un escalier sans fin, chacune réfutant souvent celle qui l’a précédée, au nom de vérités particulières objectives. En art, la connaissance est toujours une vision nouvelle et unique de l’univers, un hiéroglyphe de la vérité absolue. Elle est reçue comme une révélation, ou un désir spontané et brûlant d’appréhender intuitivement toutes les lois qui régissent le monde : sa beauté et sa laideur, sa douceur et sa cruauté, son infinité et ses limites.
La connaissance doit nous amener devant le mystère des choses.
La clef de toutes les sciences est sans contredit le point d’interrogation ; nous devons la plupart des grandes découvertes au comment ? Et la sagesse dans la vie consiste peut-être à se demander, à tout propos, pourquoi ?
L’aspect le plus triste de notre vie aujourd’hui est que la science acquière les connaissances plus vite que la société n’acquière la sagesse.
Étrange est la nature de la connaissance ! Elle s’accroche à l’esprit, lorsqu’elle s’en est saisie, comme le lichen au rocher.
L’objet de la poésie deviendrait une connaissance des secrets de l’univers qui nous permettrait d’agir sur les éléments.
La connaissance égaye l’âme.
Je crois personnellement qu’il y a au moins un problème philosophique qui intéresse tous les hommes qui pensent. C’est le problème de la cosmologie : le problème de comprendre le monde, nous-mêmes et notre connaissance en tant qu’elle fait partie du monde.
La science, comme l’amour, est aveugle. Voilà pourquoi elle se plaît à procéder par tâtonnements.
Connaître autrui n’est que science ; se connaître soi-même, c’est intelligence.

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