Je crois personnellement qu’il y a au moins un problème philosophique qui intéresse tous les hommes qui pensent. C’est le problème de la cosmologie : le problème de comprendre le monde, nous-mêmes et notre connaissance en tant qu’elle fait partie du monde.
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- Le problème de la civilisation, tel qu’il se pose depuis que l’humanité a pris connaissance d’elle-même, est précisément de substituer aux énergies animales des forces disciplinées, harmonieuses, spiritualisées, de transformer les fanatismes et les idolâtries sauvages en certitudes fondées sur la raison, en convictions fondées sur les exigences de la conscience personnelle.
- Il faudrait vivre au moins un siècle pour connaître un peu le monde, et en revivre encore plusieurs pour savoir profiter de cette connaissance.
- La pression du travail et le flux incessant des idées se déversant dans notre conscience à travers toutes les portes de la connaissance rendent l’existence moderne risquée à bien des égards.
- Il ne peut y avoir de paix intérieure sans connaissance véritable. Une fois que nous saurons appliquer ce critérium infaillible de la Vérité, nous pourrons immédiatement discerner ce qui vaut la peine d’être fait, ou d’être vu, ou d’être lu.
- L’astronomie est née de la superstition; l’éloquence de l’ambition, de la haine, de la flatterie, du mensonge; la géométrie de l’avarice; la physique d’une vaine curiosité; toutes et la morale même, de l’orgueil humain.
- Choisis la philosophie qui aide à comprendre le monde, à se mettre à distance. Tu devras lire les mystiques et additionner les interrogations qu’ils suscitent. Tu aimeras l’extase, elle est en eux, ne te laisse pas abîmer par le quotidien, vise l’infini.
- La vraie philosophie est de rapprendre à voir le monde, et en ce sens une histoire racontée peut signifier le monde avec autant de profondeur qu’un traité de philosophie.
- Étrange est la nature de la connaissance ! Elle s’accroche à l’esprit, lorsqu’elle s’en est saisie, comme le lichen au rocher.
- L’homme doit comprendre son univers pour comprendre son destin.
- Dis-moi, quelle nécessité y a-t-il à l’existence de Dieu, du monde et de tout ? Pourquoi doit-il y avoir quelque chose ? Ne crois-tu pas que cette idée de nécessité n’est que la forme suprême que prend le hasard dans nos esprits ?
- Le problème, c’est que les hommes, avec la sorte de pouvoir que donnent l’argent et le savoir, s’attribuent l’univers.
- Il est presque impossible de traiter du pouvoir sans traiter du savoir. Les formes diverses que peut prendre le gouvernement des hommes découlent en grande partie de l’idée qu’ils se font de l’univers.
- La fonction même du poète, en tant que mode de connaissance, n’est pour moi qu’une règle de vie qui nous tienne plus vivant, fût-ce à vif, sur l’autre versant de l’apparence.
- On ne devient un homme et on ne peut percevoir le vrai sens de notre existence que lorsque l’on a pris conscience que l’on n’était pas le centre de l’univers.
- Que serait un univers sans conscience aucune qui le réfléchisse et le connaisse ? Que serait la raison objectivée, sans volonté ni sentiment ? Pour nous, la même chose que le néant; mille fois plus épouvantable que lui.