Je ne sais pas, en vérité, pourquoi l’homme tient tant à la vie. Que trouve-t-il donc de si agréable dans cette insipide succession des nuits et des jours, de l’hiver et du printemps ?
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- On ne peut bien décrire la vie des hommes, si on ne la fait pas baigner dans le sommeil où elle plonge et qui, nuit après nuit, la contourne comme une presqu’île est cernée par la mer.
- Il savait trop bien que les passions sont, quand elles existent, le sel de la vie, et qu’on ne peut, sous leur règne, se passer de sel - ce qu’on fait pourtant si bien le reste du temps.
- Chaque homme n’est pas lui-même seulement. Il est aussi le point unique, particulier, toujours important, en lequel la vie de l’univers se condense d’une façon spéciale, qui ne se répète jamais.
- Il y a de la douceur dans les routines qui font passer le temps, les douleurs, et la vie; les gestes du matin, par exemple, les premiers au sortir du lit.
- La clémence est autant agréable aux hommes qu’une pluie qui vient sur le soir, ou dans l’automne, tempérer la chaleur du jour ou celle d’une saison brûlante, et humecter la terre que l’ardeur du soleil a desséchée.
- Vivre, c’est se réveiller la nuit dans l’impatience du jour à venir, c’est s’émerveiller de ce que le miracle quotidien se reproduise pour nous une fois encore, c’est avoir des insomnies de joie.
- Il y a une certaine saveur de liberté, de simplicité... Une certaine fascination de l’horizon sans limites, du trajet sans détour, des nuits sans toit, de la vie sans superflu.
- Les hommes, souvent, se marient pour une nuit, la première, et puis les nuits se suivent, les jours s’allongent, toute la vie, et ils sont joliment embêtés.
- Le plaisir des sens doit-il donc rendre un homme meilleur que les autres plaisirs de la vie ?
- Combien généreuse est la vie pour l’homme, mais combien l’homme se tient éloigné de la vie !
- La plus grande douceur de la vie, interrompit-elle vivement, c’est d’admirer ce qu’on aime. Si vous en doutez, c’est que vous avez plus exploré les forêts et les mers que le coeur de la femme.
- L’être humain ne cherche pas avant tout le plaisir, ni la souffrance, mais plutôt une raison de vivre Voilà pourquoi l’homme est prêt à souffrir s’il le faut, mais à la condition que sa souffrance ait un sens.
- Tant qu’il ne la juge pas lui-même utile ou valable, la vie d’un homme n’a pas la moindre importance.
- Tout ce qui fait travailler et s’agiter l’homme utilise l’espoir. La seule pensée qui ne soit mensongère est donc une pensée stérile. Dans le monde absurde, la valeur d’une notion ou d’une vie se mesure à son infécondité.
- Dans la mesure où l’homme est capable de donner la mort, et c’est même ce qu’il fait de mieux ! Pourquoi n’arriverait-il pas à créer la vie ?