Il ramène ses idées en avant, comme ses cheveux, pour faire croire qu’il est jeune.
Artiste visuel, 1886-1945Source : Apostille ou l’amour et le futile (1972)
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
Il ramène ses idées en avant, comme ses cheveux, pour faire croire qu’il est jeune.
Artiste visuel, 1886-1945Source : Apostille ou l’amour et le futile (1972)
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L’ancien mauvais garçon devenu grand bavard ressemble à un enfant qui moulinerait du sabre dans l’espoir de dissuader les mauvaises idées de l’approcher. Il en a lourd sur le cœur, et il parle comme on court.
Le jeune homme s’y sentait plus gai, plus léger, il avait un peu l’impression de n’être plus le Sylvain de tous les jours, mais le Sylvain que, tout petit, il pensait devenir avant que la vie lui eût à grandes bourrades enseigné sa dure loi.
Je sentais que sa volonté se préparait à accueillir intérieurement cette suggestion, et tout à coup il s’écria : « Eh bien ! Essayons. La jeunesse a toujours raison ; qui l’écoute est sage. ».
La jeunesse rit de tout ce qui n’est pas jeune, sans penser qu’elle vieillira.
La jeunesse nous fait dire et penser bien des choses illusoires.
Décidément, ce garçon ne connaissait pas la modération, il pouvait se montrer d’une intelligence confondante et, face au moindre désagrément physique, devenir aussi stupide et borné qu’une bête de somme !
Je doute qu’un homme sage et sensé, voulût redevenir jeune aux mêmes conditions qu’il l’a été.
Il me montrait un visage si écarquillé, ouvert à toutes les conjectures, et si comique par sa nouveauté que — j’ai le rire plus prompt qu’autrefois — je ne pus garder mon sérieux.
Il avait eu tout ce dont un enfant, tout ce dont un homme peut rêver pour commencer sa vie du bon pied. Il aurait aimé la finir de la même manière.
Comme tous les enfants, il ne vivait que du présent car le passé s’évanouissait tôt dans l’oubli, et l’avenir n’éveillait en lui qu’impatience.

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