Quand on a souffert, ou qu’on craint de souffrir, on plaint ceux qui souffrent ; mais tandis qu’on souffre, on ne plaint que soi.
Écrivain · 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour · Domaine public · Wikimedia Commons Quand on a souffert, ou qu’on craint de souffrir, on plaint ceux qui souffrent ; mais tandis qu’on souffre, on ne plaint que soi.
Écrivain · 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour · Domaine public · Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Émile, ou De l’éducation (1782), livre IV
… il se sent dans cet état de force qui nous étend au-delà de nous, & nous fait porter ailleurs l’activité superflue à notre bien-être. Pour plaindre le mal d’autrui, sans doute il faut le connoître, mais il ne faut pas le sentir.Quand on a souffert, ou qu’on craint de souffrir, on plaint ceux qui souffrent; mais tandis qu’on souffre, on ne plaint que soi.Or si, tous étant assujettis aux miseres de la vie, nul n’accorde aux autres que la sensibilité dont il n’a pas actuellement besoin pour lui-même, il s’ensuit que la commisération doit être un sentiment très-doux, puisqu’elle dépose en notre faveur, & qu’au contraire un homme …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Ceux qui ont souffert, l’éventualité de la souffrance les fait souffrir autant que la douleur même.
Quand une personne vous fait souffrir, c’est parce qu’elle souffre profondément à l’intérieur d’elle-même, et sa souffrance déborde. Elle n’a pas besoin de punition, elle a besoin d’aide. C’est le message qu’elle envoie.
Nous ne souffrons qu’autant que nous jugeons qu’il souffre ; ce n’est pas dans nous, c’est dans lui que nous souffrons.
L’orgueil sèche les larmes de la colère et du dépit ; l’humilité celles de la douleur. L’un s’indigne que nous puissions souffrir, l’autre nous rappelle pour nous apaiser que cela seul nous est dû.
Avoir l’expérience du malheur ne suffit pas, car on est toujours malhabile avec les autres. Leur souffrance n’est jamais comparable à la nôtre.
Il n’y a que les êtres heureux pour savoir ce qu’est la véritable souffrance.
Il vaut mieux endurer patiemment une vive douleur que vous êtes seule a éprouver, que de commettre une action inconsidérée dont les fâcheuses conséquences s’étendraient a tous les vôtres.
On doit avoir pitié des uns et des autres ; mais on doit avoir pour les uns une pitié qui naît de tendresse, et, pour les autres, une pitié qui naît de mépris.
Sache souffrir. Mais ne dis rien qui puisse troubler la souffrance des autres.
Qui craint de souffrir, il souffre déjà de ce qu’il craint.

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