» Que peut demander de plus celui qui soutient que toutes nos sciences ne sont qu’abus, et tous nos savants que de vrais sophistes ?
Écrivain · 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour · Domaine public · Wikimedia Commons » Que peut demander de plus celui qui soutient que toutes nos sciences ne sont qu’abus, et tous nos savants que de vrais sophistes ?
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Source vérifiée
Discours sur les sciences et les arts (1750), Réponse à M. Bordes
« On nous oppose un jugement de Socrate, qui porta, non sur les savants, mais sur les sophistes, non sur les sciences, mais sur l’abus qu’on en peut faire. »Que peut demander de plus celui qui soutient que toutes nos sciences ne sont qu’abus, et tous nos savants que de vrais sophistes?« Socrate était chef d’une secte qui enseignait à douter. » Je rabattrais bien de ma vénération pour Socrate si je croyais qu’il eût eu la sotte vanité de vouloir être chef de secte. « Et il censurait avec justice l’orgueil de ceux qui prétendaient tout savoir. …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Ceux qui soutiennent que la science n’explique rien, l’on voudrait qu’ils nous expliquassent une bonne fois ce que serait pour eux que d’expliquer.
Que Dieu épargne aux hommes le soin de servir la science ! Car alors tout est à craindre, chacun s’en mêle, chacun veut montrer qu’il est, lui aussi, intelligent !
Les scientifiques sont arrêtés par l’idée de l’absurde, de l’hérésie scientifique, l’artiste rien ne l’arrête, il n’est pas embarrassé par la science…, c’est ainsi qu’il pénètre derrière les portes fermées à la science.
Si la science un jour règne seule, les hommes crédules n’auront plus que des crédulités scientifiques.
Soyons humains au moins tant que la science n’aura pas découvert que nous sommes autre chose.
Le paradoxe de la science est qu’il n’y a qu’une réponses à ses méfaits et à ses périls : encore plus de science.
Reconnaissons à la base de tout travail scientifique d’une certaine envergure, une conviction bien comparable au sentiment religieux, puisqu’elle accepte un monde fondé en raison, un monde intelligible !
Toute découverte de la science pure est subversive en puissance ; toute science doit parfois être traitée comme un ennemi possible.
C’est une triste chose que la critique, que l’étude, que de descendre au fond de la science pour n’y trouver que la vanité, d’analyser le cœur humain pour y trouver égoïsme, et de comprendre le monde que pour n’y voir que malheur.
Quand la science rend service aux uns… ça retombe toujours sur le nez des autres.

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