Il n’y a pas de dignité possible, pas de vie réelle pour un homme qui travaille douze heures par jour sans savoir pour qui il travaille.
Écrivain, 1901-1976 Image : Roger Pic, Domaine public, Wikimedia Commons Il n’y a pas de dignité possible, pas de vie réelle pour un homme qui travaille douze heures par jour sans savoir pour qui il travaille.
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La Condition humaine (1933)
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Le travail ne suffit pas, même à l’existence la mieux remplie. La vie personnelle et sociale a aussi ses droits et des exigences et ne peut être niée sans danger.
Comment parler de dignité au travail si l’on estime en son for intérieur que son job ne devrait pas exister ?
Le travail, même s’il n’arrive pas à sortir l’homme de la misère, lui garantit sa dignité.
Il n’y a point au monde un si pénible métier que celui de se faire un grand nom : la vie s’achève que l’on a à peine ébauché son ouvrage.
Leur goût du travail, c’est de ne pas pouvoir « rester à rien faire ».
Le travail, c’est la vie, et sans lui il n’y a que peur et insécurité.
Le travail : une malédiction que l’homme a transformée en volupté. Œuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d’un effort qui ne mène qu’à des accomplissements sans valeur, estimer qu’on ne peut se réaliser autrement que par le labeur incessant — voilà une chose révoltante et incompréhensible.
Un homme qui ose perdre une heure n’a pas découvert la valeur de la vie.
Aucun homme qui travaille la nuit ne peut garder une femme, si cette femme vaut quelque chose.
Un savoir sans travail est un fardeau sans chameau.

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