Joie ou douleur, tout demande sans cesse à sortir de ton cœur.
Écrivain, 1810-1857 Image : Charles Landelle, Domaine public, Wikimedia Commons Joie ou douleur, tout demande sans cesse à sortir de ton cœur.
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Premières Poésies (1852), Les Vœux stériles
Puisque c’est ton métier, misérable poëte, Même en ces temps d’orage, où la bouche est muette, Tandis que le bras parle, et que la fiction Disparaît comme un songe au bruit de l’action; Puisque c’est ton métier de faire de ton âme Une prostituée, et que,joie ou douleur, Tout demande sans cesse à sortir de ton cœur; Que du moins l’histrion, couvert d’un masque infâme, N’aille pas, dégradant ta pensée avec lui, Sur d’ignobles tréteaux la mettre au pilori; …
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Un rien froisse souvent les cœurs et les délie.
La détresse et l’indigence du monde extérieur font que la plénitude de ton cœur devient aussi pour toi indigence et détresse.
Hélas ! Un cœur saignant d’une blessure intérieure n’a plus rien à redouter des atteintes du dehors : déchu de tout ce qu’il connaît de bonheur, qu’importe dans quel abîme il tombe.
La douleur est comme la passion. Pour s’en délivrer, il faut l’assouvir, toute.
Car la douleur qui me serre le cœur raffermit, à chacun de ses battements, ma certitude qu’il est impossible d’autant aimer quelqu’un et de le perdre pour toujours.
C’est bien de rester sans espoir, lorsque le cœur vide n’est rempli que d’un léger courant d’air. Quand on prend conscience que tous les êtres qui vous ont tenu par la main ne vous retiendrons plus, et que vos poignets glissent de leurs paumes.
Cela vous change un peu chaque fois que vous brisez le cœur de quelqu’un ou qu’on vous brise le cœur.
Ton âme est immortelle, et tes pleurs vont tarir. Tu te sens le cœur pris d’un caprice de femme. Et tu dis qu’il se brise à force de souffrir.
On peut voir le nécessaire, le comprendre, le vouloir, l’aimer même, tout en se sentant pénétré d’une douleur infinie.
Pleurez, pleurez, vous gênez pas, ça fait pas d’mal, quand c’est d’bon cœur, c’est souvent les nerfs.

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