La jalousie d’autrui a, du moins, cet avantage parfois de nous faire découvrir notre propre bonheur.
Attribution non vérifiée, l’œuvre d’origine n’a pas été retrouvée. Vous connaissez la source ?Comment nous vérifions
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La jalousie, qui semble n’avoir pour objet que la personne qu’on aime, prouve cependant mieux que toutes les autres passions que l’on n’aime que soi-même.
La jalousie est en quelque manière juste et raisonnable, puisqu’elle ne tend qu’à conserver un bien qui nous appartient, ou que nous croyons nous appartenir ; au lieu que l’envie est une fureur qui ne peut souffrir le bien des autres.
Il y a des envieux qui paraissent tellement accablés de votre bonheur qu’ils vous inspirent presque la velléité de les plaindre.
La jalousie témoigne pour l’esprit. Elle est la souffrance de voir l’autre réduit en objet et le désir que tous et tout le reconnaissent comme sujet. On n’est pas jaloux de Dieu.
Il y a toujours dans le bonheur, même des meilleures gens, un peu d’insolence aimable qui défie les autres d’en faire autant.
Il y a des gens qui fuient la jalousie par paresse, d’autres qui l’écartent par orgueil.
La jalousie possède l’étonnant pouvoir d’éclairer l’être unique d’intenses rayons et de maintenir les autres hommes dans une totale obscurité.
Le propre de la jalousie est qu’elle n’a pas de motifs. Tous les motifs, pour elle, se valent. Il n’y a pas de bons et de mauvais motifs, de vraies et fausses jalousies. Il y a le jaloux, simplement — qui s’empare de n’importe quel signe, indice, preuve ou motif pour en faire le support de sa construction délirante.
Comme il n’est de connaissance, on peut presque dire qu’il n’est de jalousie que de soi-même. L’observation compte peu. Ce n’est que du plaisir ressenti par soi-même qu’on peut tirer savoir et douleur.
Se réjouir du bonheur des autres est une bonne chose ; cela montre que nous avons compris deux phénomènes importants. Le premier est que l’envie et la jalousie sont des souffrances inutiles. Le second est que le bonheur des autres est toujours une bonne nouvelle pour nous ; il ne nous retire rien et embellit le monde.

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