Les hommes actifs supportent plus impatiemment l’ennui que le travail.
Écrivain, 1715-1747 Image : Charles-Amédée Colin, CC0, Wikimedia Commons Les hommes actifs supportent plus impatiemment l’ennui que le travail.
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Œuvres de Vauvenargues (1857), Texte entier, 937
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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De ce que les hommes médiocres sont souvent travailleurs et les intelligents souvent paresseux, on ne peut pas conclure que le travail n’est pas pour l’esprit une meilleure discipline que la paresse.
Le travail : une malédiction que l’homme a transformée en volupté. Œuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d’un effort qui ne mène qu’à des accomplissements sans valeur, estimer qu’on ne peut se réaliser autrement que par le labeur incessant — voilà une chose révoltante et incompréhensible.
Le travail dégrade l’homme plus qu’il ne l’ennoblit.
L’homme ordinaire ne se préoccupe que de passer le temps, l’homme de talent que de l’employer.
La plupart des hommes, pour arriver à leurs fins, sont plus capables d’un grand effort que d’une longue persévérance.
Pris dans un sens psychologique, l’ornement servirait à soulager le travailleur de la monotonie de son travail.
Le regret qu’ont les hommes du mauvais emploi du temps qu’ils ont déjà vécu, ne les conduit pas toujours à faire de celui qui leur reste à vivre un meilleur usage.
Les grimaces et les hochets du pouvoir occupent plus volontiers les hommes, qui vont moins vite à l’essentiel.
C’est fou ce que les hommes ont le goût du travail inutile, du plaisir imbécile, comme ils aiment s’entourer de signes qui prolongent leur enfance, peut-être la seule période rassurante de leur vie.
Le travail d’un homme est l’explication de l’homme.

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