Je suis un homme de télévision, je la fais et je sais que le meilleur moyen d’éteindre la lecture, de tuer toute curiosité, d’abandonner ses projets de voyage ou de refuser de sortir le soir, c’est d’allumer cette saloperie.
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- La provocation est ma manière à moi de faire un travelling avant. Un seul arrêt image et je me flingue. Fondu au noir.
- Je suis actrice, il faut que j’aille vers des univers différents. C’est ça qui me plaît. Trouver, chercher, changer de registre. Tous les films sont légitimes, de la grosse farce bien lourdingue au petit long métrage chiant et prétentieux.
- Le meilleur usage que l’on puisse faire de la parole est de se taire.
- La vérité. Qui peut se vanter de dire la vérité ? Pour la dire, il faudrait la détenir. Au théâtre, je suis chaque soir devant ce paradoxe : trouver la vérité du personnage. Ca veut dire quoi, au juste ?
- La nuit je ferme les yeux et je laisse commencer la vraie vie.
- Débarrassez-vous de vos soucis lorsque vous vous débarrassez de vos vêtements la nuit.
- Qui croit devoir fermer les yeux sur quelque chose se voit bientôt forcé de les fermer sur tout.
- Je sais que cela semble parfois difficile, mais souvenez-vous d’une chose. À travers chaque nuit sombre, il y a un jour lumineux après cela. Donc, peu importe à quel point c’est dur, sortez votre poitrine, gardez la tête haute... Et gérez-le.
- Il devrait y avoir un bouton sur la télévision pour augmenter le volume d’intelligence. Il y en a un où on peut lire "lumière" mais ça ne fonctionne pas.
- La télévision doit pouvoir, à l’occasion, renoncer à ses oripeaux institutionnels pour se frotter d’égal à égal au jaillissement de faits, d’idées et d’opinions qui agitent, secouent, bousculent le corps social.
- La télé voyeuse, celle qui lorgne par le trou de la serrure, celle qui fait son beurre de la détresse morale, de la misère sexuelle, celle qui filme les désoeuvrés de la télé-réalité comme des rats de laboratoire, ne sera jamais la mienne.
- Je souhaite une diversion qui m’arrache à moi-même pour un temps, à ma table de travail, à mon piano où ma mémoire est également excédée par l’effort que je lui demande.
- La télévision c’est le monde à temps plein, à ras bord de souffrance, impossible à voir dans ces conditions, impossible à entendre.
- Je me demande si la jeunesse moderne qu’on bouscule et qu’on décourage en lui répétant qu’il n’y aura pas de lendemain connaît encore cet acharnement à lire que nous eûmes, à aimer tomber malade pour lire.
- Il en faut, du courage, pour rester enfermée de longues heures à triturer les mots, à leur dessiner des petites pattes velues ou des ailes afin qu’ils marchent ou s’envolent.