Il n’existera qu’une commune damnation tant que chaque être isolé refusera de comprendre qu’un geste de liberté, si faible et maladroit soit-il, est toujours porteur d’une communication authentique, d’un message personnel adéquat.
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- La liberté de parole ne fait qu’exprimer, pour le meilleur et, plus fréquemment pour le pire, ce qui est tapi dans le corps et la conscience de l’homme, dénaturé par des siècles d’inhumanité.
- La liberté consiste à comprendre la nécessité. La nécessité n’est aveugle qu’autant qu’elle n’est pas comprise.
- On doit avoir la droiture de ne pas remarquer certaines choses, et avoir pitié de nous-mêmes, et passer l’éponge, et avoir le tact de ne pas comprendre - si on veut empêcher qu’un moment de compréhension ne nous cristallise et que la vie devienne autre.
- Agir intelligemment dans les affaires humaines n’est possible que si l’on essaie de comprendre les pensées, les motifs et l’appréhension de son adversaire de telle manière que l’on puisse voir le monde à travers ses yeux.
- Plus un corps social est petit, plus est garantie l’individualité de ses membres; plus sont grandes leur liberté relative et les possibilités d’une responsabilité consciemment assumée. Hors de la liberté, point de moralité.
- Comment se fait-il que les glapissements les plus aigus en faveur de la liberté se fassent entendre parmi les négriers ?
- Les plus grands amis de la liberté doivent reconnaître qu’il y a un très grand nombre de cas où il importe de savoir se soumettre. Savoir obéir n’est pas une faiblesse, c’est une grande force.
- Je ne crois point, au sens philosophique du terme, à la liberté de l’homme. Chacun agit non seulement sous une contrainte extérieure, mais aussi d’après une nécessité intérieure.
- Pour s’entendre entre mari et femme, entre collègues, entre amis, avec n’importe qui, entre les peuples, aux conférences de paix, il ne devrait y avoir que ce moyen : le silence.
- Nul ne peut résister au charme inhérent à celui qui sait respecter la liberté des autres. Il s’agit là d’un des plus merveilleux paradoxes existant dans les relations humaines.
- On ne devrait communiquer que depuis l’anéantissement, l’amoindrissement, depuis cette absence momentanée de nous-même où, dévastés, nous sommes ouverts au monde comme une béance.
- On n’exprime efficacement, et par conséquent avec le maximum de profit, que les sentiments sincères. De plus, on a la conscience en paix.
- Partout, de nos jours, l’esprit humain commence ridiculement à perdre de vue que la véritable garantie de l’individu consiste, non dans son effort personnel isolé, mais dans la solidarité.
- On ne saurait conserver longtemps les sentiments qu’on doit avoir pour ses amis et pour ses bienfaiteurs, si on se laisse la liberté de parler souvent de leurs défauts.
- Être libre, c’est aussi ne pas agir en fonction du regard d’autrui. Or, bien souvent, nos actions ou nos réactions sont mues par le désir de plaire ou de ne pas déplaire, de se conformer aux usages communs ou bien au contraire de se rebeller contre eux, d’attirer l’attention ou de rester discrets. Agissant ainsi, nous sommes prisonniers du regard des autres. La sagesse consiste aussi à se libérer de ce regard pesant, bien souvent si intériorisé que nous n’en avons pas conscience.