Il n’existe pas de beauté sur le Plateau, au sens où il entend ce mot. Pas d’émotion palpable, rien que le froid déroulement du temps.

Il n’existe pas de beauté sur le Plateau, au sens où il entend ce mot. Pas d’émotion palpable, rien que le froid déroulement du temps.

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Plateau
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Il n’y a pas de clair de lune comme en Janvier, ni d’amour comme le premier.
L’homme qui sait n’éprouve pas de joie égale à celle qu’on trouve dans l’ombre, de frisson aussi puissant que celui que le danger glace et pour lui, aucune souffrance n’est plus sacrée que celle qui par pudeur n’ose pas se manifester.
C’est un paysage désolé. Une désolation. Évidemment, ça ne veut rien dire. Un paysage ne pense pas, il ne peut pas être « désolé ».
Le sens d’un songe, l’effet des nuages d’automne, la pensée des femmes et le naturel des rois, nul ne le sait.
La beauté n’existe dans aucun objet extérieur, mais dans le sentiment que nous en avons.
La jeunesse, l’impatience, le désir, l’espérance donnent son éclat au tout. Il y a une tristesse déchirante et de la beauté dans les soirs. Il n’y a rien, en vérité, qui ne soit beau dans le tout.
Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien.
Il n’est pas de beauté sans fêlure.
Le soleil est un astre froid. Son cœur, des épines de glace. Sa lumière, sans pardon. En février, les arbres sont morts, la rivière pétrifiée, comme si la source ne vomissait plus d’eau et que la mer ne pouvait en avaler davantage.
Qui n’a pas connu la passion ne sait pas faire la différence entre la fièvre, le vertige, l’ivresse et l’embrasement.

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