C’était l’absence de certitude qui les rongeait tous. Savoir, c’était pouvoir clore le chapitre et faire son deuil. Savoir, c’était pouvoir recommencer à vivre.
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- Je puis mourir, disais-je; je le devrais même, après tant de honte et de douleur, mais je souffrirais mille morts sans pouvoir oublier l’ingrate Manon.
- Ils savaient assez l’histoire pour ne pas ignorer que tout pouvoir légitime est issu d’une usurpation.
- La pire solitude pour un mourrant est de ne pas pouvoir annoncer à ses proches qu’il va mourir.
- Ta mort fait comme une île noire dans un océan de lumière. Pour te rejoindre, aucune barque. Il faudrait pouvoir marcher sur la lumière. Cela doit s’apprendre. Cela s’apprend.
- Le mystère de la mort était entré, sans prendre conseil, et s’était assis entre eux sur un trône d’énigmes...
- Pour moi, c’était la tragédie ultime, la véritable tragédie : comme tous les morts du monde, il avait été rétrogradé une fois pour toutes d’esprit hanté à esprit qui hante.
- Toute histoire doit trouver sa fin, c’est dans l’ordre de la vie. Même tragique, même insupportable, même dérisoire, il faut une fin à tout.
- La mort, comme un terrier, comme une chambre aux rideaux fermés, comme la solitude, est à la fois horrible et tentante : on sent qu’on pourrait y être bien.
- Aussi tout peut reprendre, l’histoire recommencer à l’endroit précis où elle s’était défaite, je rembobine à la hâte et je retisse tout, mot après mot, corps contre corps.
- Les survivants se rappellent cette liste avec une telle émotion que la réalité se brouille. La liste, c’était le bien absolu. C’était la vie.
- Au commencement était le verbe. Puis arriva le traitement de texte, et leur foutu processeur de pensée. La mort de la littérature s’ensuivit. Ainsi va la vie.
- Ils étaient passé sans transition de l’enfance à l’épuisement et à la préparation à la mort, sans avoir droit aux quelques années d’oubli du monde et de la réalité que les autres appellent la jeunesse.
- Un suicide, c’est la double peine, la violence de la disparition génère un silence gêné qui prend toute la place, empêchant même de se souvenir des jours heureux. Moi, je ne voulais pas me taire.