J’étais aussi libre et aussi sauvage qu’un coyote.
Romancier, 1924-1984J’étais aussi libre et aussi sauvage qu’un coyote.
Romancier, 1924-1984Partager sur
Source vérifiée
De sang-froid
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
J’étais un impie, un athée, un forcené, un enragé, une bête féroce, un loup.
Comme je représentais le sauvage sur scène, j’essayais d’être la plus civilisée possible dans la vie de tous les jours.
J’étais au milieu de la forêt, il y avait deux chemins devant moi, j’ai pris celui qui était le moins emprunté, et là, ma vie a commencé.
Comme j’étais naïf ! J’ignorais qu’en naissant Tsigane, je serais rabaissé au rang de gueux, de sauvage, de chien errant qui ne connait ni les lois ni la morale ordinaire.
Toutes les joies – animales et humaines – d’une vie libre sont à moi. J’ai échappé à tout ce qui est artificiel, conventionnel, coutumier.
Ainsi suis-je, mon ami, gracieux avec les gracieux, mais rugissant avec les rugissants et lion avec les hyènes !
Moi je n’aurais jamais pu être boucher, je n’avais pas le cœur. Je n’aurais pas pu être matador, je n’avais pas les tripes. J’aurais pas pu être Bardot, je n’avais pas les fesses.
Je ne suis pas l’Arabe qui cache la forêt.
Mais moi, j’étais calme, planant en permanence à trois mètres au-dessus de mon corps. Peut-être qu’être avec moi n’était pas très différent qu’être tout seul. Vous pouviez être aussi rustre que vous le vouliez, après. C’était sans doute ça qui plaisait en moi.
Dans ma civilisation, celui qui diffère de moi, loin de me léser, m’enrichit.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.