: Encore le jeu du pardon ? (Un temps.) C’est un jeu qui m’ennuie : je ne suis pas dans le coup. Je n’ai qualité ni pour condamner ni pour absoudre : c’est l’affaire de Dieu.
Écrivain, 1905-1980 Image : User:T1980, CC BY 3.0, Wikimedia Commons : Encore le jeu du pardon ? (Un temps.) C’est un jeu qui m’ennuie : je ne suis pas dans le coup. Je n’ai qualité ni pour condamner ni pour absoudre : c’est l’affaire de Dieu.
Écrivain, 1905-1980 Image : User:T1980, CC BY 3.0, Wikimedia Commons Partager sur
Source secondaire
Le Diable et le Bon Dieu (1951), acte II, scène IV, p. 147
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De grâce, ne fixez pas de limite à la bonté de Dieu, vous allez me porter malheur !
Dieu pardonne, moi pas.
On nous prêche beaucoup le pardon des offenses : c’est une fort belle vertu sans doute, mais qui n’est pas à mon usage.
Le pardon, vous savez ce que c’est ? C’est l’indifférence pour ce qui ne touche pas.
Le pardon rature, il n’efface pas.
Ne parle pas d’argent : je n’adore pas un dieu qui se donne si vite au dernier des drôles.
Punissez-vous vous-même, afin que la justice / De Dieu, qui est plus grand, vos fautes ne punisse.
La seule façon pour Dieu de s’exonérer d’une responsabilité écrasante, c’est de ne pas exister. On peut pardonner à Dieu s’il n’existe pas. S’il existe, je crains qu’il ne faille trop souvent le maudire.
C’est un grand danger que celui d’aimer Dieu comme un joueur aime le jeu.
Le vrai secret de la foi, ce n’est pas de pardonner, mais de demander pardon – au monde tel qu’il est, parce que nous n’avons pas su le changer.

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