Dieu laisse les orgueilleux à eux-mêmes.
Écrivain, 1804-1876 Image : Auguste Charpentier, Domaine public, Wikimedia Commons Dieu laisse les orgueilleux à eux-mêmes.
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Le Marquis de Villemer (1861), chapitre XXII
« L’orgueil! oui,Dieu laisse les orgueilleux à eux-mêmes…Et sans lui que peuvent-ils?… Mais ne me dis pas que j’ai de l’orgueil… Non, ce n’est pas cela! Je ne veux rien prouver à personne. Je demande qu’on m’oublie et qu’on ne souffre point à cause de moi.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Dieu seul a le privilège de nous abandonner. Les hommes ne peuvent que nous lâcher.
Dieu ne laisse personne d’autre que lui-même s’enorgueillir.
Dieu est l’astre qui fuit et qu’il faut suivre sans jamais pouvoir s’arrêter.
Car le propre de la divinité c’est l’entêtement. Si l’homme savait pousser l’obstination à son point extrême, lui aussi serait déjà dieu. Voyez les savants, et les secrets divins qu’ils arrachent de l’air ou du métal, simplement parce qu’ils se butent.
Dieu ne nous remplit qu’autant que nous sommes vides.
Dieu se manifeste, il nous guide la distance d’une lieue, puis il laisse tomber. Et tout alors demeure pire qu’avant. Cette vie est la tête à l’envers, personne ne peut mesurer ses cueillettes et pertes.
Le culte de Dieu mortifie la concupiscence.
Se passer de Dieu… Je veux dire : se passer de l’idée de Dieu, de la croyance en une Providence attentive, tutélaire et rémunératrice… N’y parvient pas qui veut.
Si Dieu fermait un instant les yeux et qu’il retirât à lui sa main puissante, le monde entier s’évanouirait comme un songe.
Supprimez le conditionnel et vous aurez détruit Dieu.

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