La délicatesse est trop grande de ne pouvoir souffrir que des gens triés.
Dramaturge · 1622-1673 Image : Pierre Mignard I · Domaine public · Wikimedia Commons La délicatesse est trop grande de ne pouvoir souffrir que des gens triés.
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Source vérifiée
La Critique de L’École des femmes (1663), scène 1, Uranie
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Souvent d’un faux espoir un amant est nourri :
Le mieux reçu toujours n’est pas le plus chéri ;
Et tout ce que d’ardeur font paraître les femmes
Parfois n’est qu’un beau voile à couvrir d’autres flammes.
Peut-on être jamais satisfait en soi-même,
Lorsque par la contrainte on obtient ce qu’on aime ?
C’est un triste avantage, et l’amant généreux
À ces conditions refuse d’être heureux.
Tout parle dans l’amour, et sur cette matière
Le moindre jour doit être une grande lumière ;
Puisque chez notre sexe, où l’honneur est puissant,
On ne montre jamais tout ce que l’on ressent.
Si j’aimais quelqu’un, je n’aurais point de plus grand plaisir que de le voir aimé de tout le monde.
À d’aimables penchants notre cœur nous dispose ;
Mais on a des tyrans à qui l’on doit le jour.
Que soupirer d’amour
Est une douce chose,
Quand rien à nos vœux ne s’oppose !
Si ce n’est pas de l’amour que ce que je sens maintenant, qu’est-ce donc que ce peut être ?
L’on ne tarde guère à profiter du chagrin et de la colère que donne à l’esprit d’une femme la contrainte et la servitude.
Lorsqu’on est une fois résolu sur la chose, s’arrête-t-on sur le temps ?
L’emportement d’un cœur qui peut s’être abusé
A de quoi ramener une âme qu’il offense ;
Et dans l’amour qui lui donne naissance
Il trouve au moins, malgré toute sa violence,
Des raisons pour être excusé.

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