Un cœur qui nous oublie engage notre gloire ;
Il faut à l’oublier mettre aussi tous nos soins :
Si l’on n’en vient à bout, on le doit feindre au moins.
Dramaturge · 1622-1673 Image : Pierre Mignard I · Domaine public · Wikimedia Commons Un cœur qui nous oublie engage notre gloire ;
Il faut à l’oublier mettre aussi tous nos soins :
Si l’on n’en vient à bout, on le doit feindre au moins.
Dramaturge · 1622-1673 Image : Pierre Mignard I · Domaine public · Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Tartuffe ou l’Imposteur (1664), acte II, scène 4, Valère
J’y ferai mon possible; et vous le pouvez croire.Un cœur qui nous oublie engage notre gloire; Il faut à l’oublier mettre aussi tous nos soins: Si l’on n’en vient à bout, on le doit feindre au moins; Et cette lâcheté jamais ne se pardonne, De montrer de l’amour pour qui nous abandonne.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Quelque amour que l’on ait pour moi, j’aime que ceux qui m’aiment rendent ce qu’ils doivent au sexe.
Un cœur ne pèse rien alors que l’on l’affronte ;
Il court à sa vengeance, et saisit promptement
Tout ce qu’il croit servir à son ressentiment.
On n’a que faire d’avoir peur de trop charger la complaisance, et la manière dont on les joue a beau être visible, les plus fins toujours sont de grandes dupes du côté de la flatterie.
Quand on a des chagrins jaloux, on n’en use point de la sorte ; et l’on vient doucement se plaindre à la personne que l’on aime.
Quand nous faisons besoin, nous autres misérables,
Nous sommes les chéris et les incomparables ;
Et dans un autre temps, dès le moindre courroux,
Nous sommes les coquins qu’il faut rouer de coups.
Aimez, aimables bergères,
Nos cœurs sont faits pour aimer :
Quelque fort qu’on s’en défende,
Il y faut venir un jour :
Il n’est rien qui ne se rende
Aux doux charmes de l’Amour.
Je vois bien qu’on n’aime ici que la vaine apparence, et qu’on n’y considère point la vertu toute nue.
L’amour a, pour nous prendre,
De si doux attraits,
Que, de soi, sans attendre,
On voudrait se rendre
À ses premiers traits ;
Mais tout ce qu’on écoute
Des vives douleurs
Et des pleurs qu’il nous coûte,
Fait qu’on en redoute
Toutes les douceurs.
Le monde est rempli de beaucoup de traverses ;
Chaque homme tous les jours en ressent de diverses.
L’on cherche souvent plus qu’on ne veut trouver.

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