Chaque nuit, quand je vais au lit, j’espère ne jamais me réveiller, et chaque matin renouvelle ma douleur.
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La douleur est l’aube qui sépare le sommeil de l’éveil.
Je vais dormir, goûter un sommeil sans rêve qui ne ressemblera pas à la vie, qui me donnera la force de recommencer demain.
Ceux qui désirent le soir, qui haïssent l’aurore, sont toujours en repos et sont d’heureux amants, tandis que pour moi, le soir c’est ma douleur, c’est mon affliction, ce sont mes tourments !
Vivre, c’est se réveiller la nuit dans l’impatience du jour à venir, c’est s’émerveiller de ce que le miracle quotidien se reproduise pour nous une fois encore, c’est avoir des insomnies de joie.
Là où loge le souci, le sommeil ne s’abat jamais.
Bien plus que le temps, c’est le sommeil qui est l’antidote du chagrin.
Je dors rarement, mais je dors quelquefois, et quand je dors, je rêve ; et j’ai reconnu que les rêves sont ce qu’il y a de plus doux et peut-être de plus vrai dans la vie.
Le meilleur de ton repos, c’est le sommeil, et tu le provoques souvent de toi même ; cependant, tu crains violemment la mort qui n’est rien de plus.
Laissez-moi tranquille, laissez-moi enfin dormir une nuit sans tremper mon oreiller de larmes, sans que les yeux me brûlent et que la migraine me martèle la tête. Laissez-moi partir, disparaître de tout.
Et parce qu’il est amoureux, il faut que, nuit et jour, je n’aie aucun repos.

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