Le changement continuel des loyers est une des marques de l’inconsistance moderne, du trouble foncier où l’on vit ; la vie n’est posée nulle part.
Écrivain, 1821-1880 Image : Nadar, Domaine public, Wikimedia Commons Le changement continuel des loyers est une des marques de l’inconsistance moderne, du trouble foncier où l’on vit ; la vie n’est posée nulle part.
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Notes de voyages (1910), Notes diverses
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Dans les sociétés où nous vivons, le souci de l’environnement ressemble à un chemin pavé d’écogestes insignifiants, dérisoires, et toute initiative isolée s’apparente à un sacrifice inutile.
Dans la vie tout a un terme, sauf le loyer qui en a quatre.
Il faut bien, malgré nous, changer de manière de vivre ; celle-ci ne peut plus durer.
Personne n’est propriétaire du bonheur, on a parfois la chance d’avoir un bail, et d’en être locataire. Il faut être très régulier sur le paiement de ses loyers, on se fait exproprier très vite.
Peu à peu, le flot des maisons, toujours poussé du cœur de la ville au dehors, déborde, ronge, use, et efface cette enceinte.
On ne peut pas toujours vivre dans une impasse et faire semblant que ce soit une rue.
Dommage que ces maisons très avenantes soient dans un paysage si ingrat.
La vie moderne exige et attend un nouveau type de plan, tant pour la maison que pour la ville.
C’est en revenant à un endroit où rien n’a bougé qu’on réalise le mieux à quel point on a changé.
La vraie vie est si souvent celle qu’on ne vit pas.

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