À vivre trop longtemps avec un bunker à la place du cœur, on s’habitue à l’obscurité.

À vivre trop longtemps avec un bunker à la place du cœur, on s’habitue à l’obscurité.

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Le plus petit baiser jamais recensé
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C’est à trop voir les êtres sous leur vraie lumière qu’un jour ou l’autre nous prend l’envie de les larguer. La lucidité est un exil construit, une porte de secours, le vestiaire de l’intelligence. C’en est aussi une maladie qui nous mène à la solitude.
La prison c’est l’obscurité. Dedans. Au-dedans de soi. C’est une nuit qui n’en finit pas, même sous la lumière crue que déversent sans concession les néons vissés au plafond de la cellule.
Tout ce dont nous avons peur est en nous, dans ce que nous imaginons, dans ce qu’on appréhende de trouver si on scrute un peu trop longtemps l’obscurité.
La peur frappait maintenant comme un heurtoir hésitant contre chaque petit souvenir, pour trouver l’entrée des chambres secrètes de son cœur.
Le passé, c’est sournois. Ça attend la nuit et l’obscurité pour s’infiltrer partout. La nuit est dangereuse, elle tourmente.
Nous sommes faits de l’étoffe dont sont tissés les songes, et notre vie si courte a pour frontière un sommeil.
La vie n’est qu’une nuit à passer dans une mauvaise auberge.
Bien des hommes cachent, autant qu’il le peuvent, la noirceur et la méchanceté de leur cœur.
J’ai toujours pensé qu’une part de nos cauchemars, de nos problèmes et de nos rêves est blottie au cœur de nos oreillers. Voilà pourquoi nous les enveloppons dans des taies : pour ne pas voir les traces de notre vie.
Quand on est mort, on entre dans le vif du sujet, « vif » étant en l’occurence un mot malheureux.

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