Tout cela, c’était notre jeunesse, le matin profond que nous ne retrouverons jamais plus.

Tout cela, c’était notre jeunesse, le matin profond que nous ne retrouverons jamais plus.

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La Place de l'étoile
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Mais il est triste de se dire Qu’on a gaspillé sa jeunesse, qu’on l’a trahie à chaque instant Et qu’elle nous l’a bien rendu, que les meilleurs de nos désirs, que les plus pures rêveries Sont allés à la pourriture Comme les feuilles de l’automne.
Le matin, c’est la jeunesse, rien qu’à respirer, ça nous rajeunit.
C’est vrai il y a eu une génération où le voyage faisait partie d’une réelle initiation à la vie, le passage de l’adolescence à la vie d’homme. Mais pour nous, rien. Ah si, j’oubliais : la première capote. Ca a été notre initiation à nous.
Ils étaient passé sans transition de l’enfance à l’épuisement et à la préparation à la mort, sans avoir le droit aux quelques années d’oubli du monde et de la réalité que les autres appellent la jeunesse.
Alors il s’assit sur un monde en ruines une jeunesse soucieuse.
Nous sommes faits de l’étoffe dont sont tissés les songes, et notre vie si courte a pour frontière un sommeil.
Mais l’enfance n’est ni nostalgie, ni terreur, ni paradis perdu, ni Toison d’Or, mais peut-être horizon, point de départ, coordonnées à partir desquelles les axes de ma vie pourront trouver leur sens.
Le passé n’est jamais mort. Ce n’est même pas passé. Nous travaillons tous dans des toiles tissées bien avant notre naissance, des toiles d’hérédité et d’environnement, de désir et de conséquence, d’histoire et d’éternité.
Les mots d’amour que je murmurais retrouvaient leur enfance, comme s’ils venaient de naître et que rien encore ne leur était arrivé.
Oh la jeunesse ! La jeunesse ! Que c’est beau ! Et contente à si peu de frais. On n’a jamais rien inventé, on n’inventera jamais rien de mieux.

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