La terre n’est point sans ressemblance avec une geôle. Qui sait si l’homme n’est pas un repris de justice divine ?
Écrivain, 1802-1885 Image : Étienne Carjat, Domaine public, Wikimedia Commons La terre n’est point sans ressemblance avec une geôle. Qui sait si l’homme n’est pas un repris de justice divine ?
Écrivain, 1802-1885 Image : Étienne Carjat, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Les Misérables (1862), tome 4, livre 7, chapitre 1
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Et le pouvoir terrestre est plus semblable à Dieu quand la clémence adoucit la justice.
Gloire à Dieu qui a voulu, pour des raisons que nous ne connaissons pas, que la méchanceté et la bêtise conduisent l’univers !
L’homme n’est pas Dieu. Faisons au moins en sorte, et l’on n’en a jamais fini, qu’il soit a peu près humain.
Lorsque les dieux vous proposent l’autre monde comme bonheur, il y a toujours gros à parier que la situation terrestre des hommes n’a rien de brillant.
Celui qui est naturellement droit et juste n’a pas le cœur pervers : pourquoi demanderait-il s’il sera récompensé par le ciel ?
Bien loin que l’absence de Dieu autorise toute licence, c’est au contraire parce que l’homme est délaissé sur la terre que ses actes sont des engagements définitifs, absolus.
Ce n’est point à Dieu de descendre sur la terre, c’est à l’homme à monter au ciel.
Oui, un homme qui se croit chargé d’une mission divine n’est pas loin de se prendre pour Dieu lui-même et sombre alors dans la folie.
La terre n’est-elle pas un siège suffisant pour un homme dont elle doit être, après sa mort, la demeure éternelle ?
Les actes de Dieu qui paraissent injustes à l’homme sont probablement ceux qui sont les plus justes. L’homme ne peut comprendre la justice parce qu’il est lui-même trop peu capable de justice.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.